L’alternance démocratique se prépare en Afrique du Sud – M. Katumbi, « capitaine de l’équipe qui veut gagner »

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Les partisans de Moïse Katumbi, candidat à la présidentielle de 2018, se retrouvent depuis le week-end en Afrique du Sud pour se préparer à l’assaut final. Malgré son éloignement de la RDC, du fait d’une décision inique du tribunal de paix de Lubumbashi/Kamalondo, Katumbi ne désarme pas. Samedi dernier, à l’ouverture du conclave de l’Afrique du Sud, il s’est présenté en « en capitaine de l’équipe qui veut gagner ».

Le Potentiel

Autour de Moise Katumbi, le conclave de l’Opposition, qui se clôture en principe aujourd’hui lundi, jette les bases d’une nouvelle coalition en vue de la reconquête du pouvoir aux élections de décembre 2018. Moïse Katumbi mobilise ses troupes. Avec elles, il se prépare au sprint final qui va consacrer, au terme des élections de décembre 2018, l’alternance démocratique du sommet de l’Etat. Il est convaincu que le rêve est sur le point de se réaliser.

« Ces trois jours ensemble vont permettre de construire l’alternance de demain et montrer aux Congolais qu’ils ne sont pas seuls, que nous travaillons et que nous vaincrons », a lancé Moïse Katumbi, devant plus de 200 délégués conviés aux assises de Jobourg(Afrique du Sud).

Comme à Genval(Belgique) en 2016, une nouvelle flamme de l’Opposition brille depuis l’Afrique du Sud. C’est au pays de Nelson Mandela, terre de la liberté et de la justice, que l’Opposition réunie autour de Moise Katumbi est allée chercher sa nouvelle âme.

La peur a changé de camp, a indiqué Katumbi, rappelant que le pouvoir, aux abois, est dans ses derniers retranchements. La victoire est certaine, prédit celui qui maintient, malgré son exil forcé, sa candidature à la prochaine présidentielle. Cependant, il a convié son équipe à regarder dans la même direction. « Notre victoire tient avant toute chose au sérieux, à l’application et au travail que nous devons abattre tous ensemble. Ne laissons aucune place à l’improvisation. Organisons-nous ! Travaillons dur et avec exigence! Notre pays le mérite. Il y a urgence ».

Il est temps, a-t-il indiqué, de bannir les clivages en ayant le regard tourné vers le peuple congolais qui est parvenu à braver la peur, par différentes actions populaires, pour reconquérir sa liberté. « Dès aujourd’hui, je vous demande de travailler ensemble, à ne pas regarder l’avenir les yeux rivés dans le rétroviseur. Il n’y a pas ici de G7, AR, Dynamique, société civile. Il n’y a pas ici des anciens et des nouveaux. Il y a ici des patriotes qui sont ensemble, déterminés à construire un nouveau Congo. Soyons disciplinés et dignes des attentes de notre peuple pour être au rendez-vous du 23 décembre prochain et apporter aux Congolais le changement qu’ils exigent ».

Les lignes bougent

En réalité, les lignes bougent. L’enlisement de la crise congolaise a dépassé les frontières de la RDC. Au niveau international, il y a désormais un consensus autour d’une évidence : « le départ du président Kabila ». En Afrique comme ailleurs, il y a une convergence de vues qui se dégage. En visite à Luanda, début mars, Jean-Yves Le Drian, chef de la diplomatie congolaise, en a longuement discuté avec le nouvel homme fort du Luanda, Joao Lourenço. La France et l’Angola espèrent la tenue d’un scrutin inclusif et transparent. Entre-temps, ils tiennent le président Kabila à l’œil.

« La question nucléaire est de savoir si Joseph Kabila tentera de se présenter », a dit le ministre angolais des Affaires étrangères, Manuel Domingos Augusto, cité par le site www.lopinion.fr. Si la communauté internationale est intransigeante sur cette question, la Constitution ferme également la porte à une telle éventualité.

Au-delà de cette question, le cas Moise Katumbi reste tout aussi emblématique. Perçu comme une relève sérieuse pour les Occidentaux à la succession de Joseph Kabila, Katumbi est pourtant empêché de faire valoir ses ambitions, en raison d’un dossier judiciaire monté de toutes pièces à partir de Lubumbashi. « Si Katumbi se présente à la présidentielle, il faut qu’il puisse faire campagne librement », plaidait à l’époque un décideur européen. Malheureusement, le président Kabila a fait de Katumbi son affaire personnelle, estimant que « l’ex gouverneur du Katanga l’a trahi », commente le même site. A Kinshasa, tout est donc fait pour barrer la route à Moïse Katumbi.

Sur le site, l’analyste rapporte que « l’Angola a été approché discrètement par la France, il y a près de quatre ans, pour servir d’intermédiaire dans les discussions avec Joseph Kabila. A l’époque, le pouvoir du président dos Santos avait montré peu d’entrain à s’impliquer fortement dans ce dossier. Les choses ont changé avec l’arrivée au pouvoir, en septembre 2017, de Joao Lourenço. Et la France compte sur son partenaire pour faire avancer ce dossier. Le lendemain de la visite de Jean-Yves Le Drian, Joao Lourenço a reçu à Luanda Cyril Ramaphosa, le nouveau président sud-africain après la démission du très controversé Jacob Zuma, le 18 février. Le dossier congolais devait être abordé. L’Afrique du sud a joué un rôle important, au début des années 2000, pour amener les acteurs politiques congolais à déposer les armes pour s’affronter dans les urnes. Cela avait débouché, en 2002, sur l’accord de Sun City et la mise en place d’un gouvernement d’union nationale ».

Une fois de plus, c’est en Afrique du Sud que l’Opposition se reconstitue en vue de l’alternance démocratique qui passe inévitablement par le départ du président Kabila au terme des élections de décembre 2018. Derrière Moise Katumbi, l’Opposition se met en ordre de bataille, raffermie dans son combat par l’éveil planétaire sur l’urgence de faire partir le président Kabila pour faire avancer la RDC.