Cinq questions à Stern Banyaku (*)

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Dans des milieux des jeunes, le « MID » se fait de plus en plus parler de lui. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Le Mouvement intergénérationnel pour le développement (MID) est à la fois un mouvement de renaissance, d’éveil de conscience qui milite pour la reconnaissance des compétences et capacités des jeunes qui peuvent servir convenablement la nation à n’importe quel niveau de la pyramide. A ne pas confondre avec du « ôte-toi que je m’y mette ». Par-dessus tout, il prône la complémentarité entre les générations au sein de la société pour le développement de la République démocratique du Congo. Il est inadmissible, dans notre pays, qu’en plein 21ième siècle, que des jeunes compétents à tous les niveaux de la société ne puissent servir que de valet ou de garçon de courses à ceux qui sont mieux placés, et ne bénéficient en contrepartie que de petites faveurs qui ne représentent parfois rien. C’est dans cet ordre d’idées révoltant que nous avons mis sur pied le « MID » qui se veut une structure chantre de la complémentarité entre les vieux et les jeunes, les hommes et les femmes, mais avec comme unique soubassement que la compétence ainsi que des valeurs morales et citoyennes. Cela, dans tous les secteurs de la vie de notre société. Je pense qu’avec l’engouement des jeunes mais aussi des vieux qui adhèrent à cette nouvelle façon de voir le Congo, il y a lieu de dire que ce mouvement devrait exister, il y a bien longtemps. Ensemble, nous allons contourner le conflit des générations qui n’avance en rien notre pays.

Quelle est la vocation du « MID » ?
Nous avons pour vocation de fédérer les grands esprits que compte notre pays, vieux et jeunes ensembles dans la complémentarité pour avoir les yeux rivés sur un Congo nouveau. Celui-là même où un jeune peut être médecin directeur d’un grand hôpital et qu’il se fasse seconder par un vieux. Un Congo où l’on verra que le jeune qui est la relève puisse travailler aux côtés d’un ancien sans frustration de part et d’autre. Le MID transcende tous les secteurs de la société. De la politique à la santé, en passant par l’économie ou le sport, le MID entend faire valoir la complémentarité des compétences et des connaissances pour que la RDC puisse, cette fois-ci, repartir sur de nouvelles bases.

Sauf erreur de notre part, vous êtes aussi président de la ligue des jeunes du PDC/Majorité. N’y a-t-il pas contraste dans vos fonctions ?
Absolument pas. Je suis toujours président de la ligue des jeunes du Parti démocrate-chrétien, parti membre de la Majorité présidentielle. Cependant, le contraste n’existe pas dans mes fonctions ou appartenance, dans la mesure ou, au MID, nous transcendons les clivages politiques et sociaux. Nous sommes des penseurs qui appartenons à des partis politiques d’opposition comme de la majorité ou à des organisations de la société civile. Avant tous, nous sommes congolais. Ensemble, nous réfléchissons sur des bases solides d’où partirait réellement le développement de notre pays, notamment à travers la complémentarité des compétences entre jeunes et vieux. Des rapprochements de vue sur des questions précises ont fait des preuves sous d’autres cieux. En France par exemple, avec l’avènement de la « République en marche » d’Emmanuel Macron. Pour une nouvelle France, certains partis traditionnels ont apporté leur soutien à celui qui est devenu le nouveau président français.
Par-dessus tout, il ne faudrait pas oublier que nous n’avons que ce « Congo» en commun. La majorité comme l’opposition ou la société civile, tous ne jurent que par le développement de la RDC. S’opposer au MID serait semblable à militer contre le développement de la RDC.

Quelle lecture faites-vous de la situation économico-socio-politique de la RDC ?
Il faut reconnaître que les indicateurs économiques de notre pays ont subi un coup dur, surtout après le départ du premier ministre Augustin Matata. Cela, il faut le souligner, est également lié à beaucoup de facteurs tant endogènes qu’exogènes. L’ensemble des institutions de la République ne ménage aucun effort pour redresser la courbe, mais il y a encore du chemin à parcourir. Du coté socio-politique également, nous pensons que les Congolais attendent davantage que des discours.Cependant, des efforts sont en train d’être déployés, bien qu’il faille les accentués. Nous devons rester concentrer sur l’essentiel et réfléchir sur des pistes de solution.

Avez-vous un mot à placer sur la gestion de la Primature sous Bruno Tshibala ?
Arrivé à ce poste à la faveur d’un accord politique, au MID, nous sommes inquiets et profondément choqués de la gestion de Bruno Tshibala à la Primature. On pourrait dire qu’après Augustin Matata Ponyo, la Primature a cessé d’exister. Après des scandales à répétition, le premier ministre Tshibala devrait tirer, pensons-nous, toutes les conséquences en homme d’Etat. Il ne faudrait pas perdre de vue que cette même primature où des personnes telles que Patrice-Emery Lumumba et Etienne Tshisekedi wa Mulumba sont passés, revêt une portée historique et sacrée, d’où les projecteurs du monde sont braqués dessus.

Propos recueillis par Joyce Kalala
(*) Coordonnateur du Mouvement intergénérationnel pour le développement