Développement économique et social : la Société civile propose un programme alternatif

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Olivier Kaforo

Du point de vue économique et social, la République démocratique du Congo est un pays sinistré. C’est ce qu’affirme en conclusion, une étude menée par un panel d’organisations de la Société civile sous la supervision de l’Observatoire de la dépense publique (Odep). Et pour remédier à cette situation, ces organisations de la Société civile proposent un programme alternatif. Il a été rendu public le mercredi 14 mars à Kinshasa, au cours d’une conférence de presse animée par le Président du Conseil d’administration de l’Odep, Florimond Muteba.
Le programme de développement économique et social se résume d’abord par la nécessité de promouvoir le développement endogène. Un développement qui stipule que la société doit puiser son développement dans ses propres forces. Le programme a été conçu pour se réaliser autour d’un certain nombre d’objectifs politiques et des valeurs qui ne sont pas négociables. Parmi ces valeurs, l’on note l’exigence de la construction d’un État de droit, la nécessité de renforcer l’unité dans la décentralisation ainsi que la mise en place des institutions véritablement démocratiques.
Les principaux objectifs macro-économiques qu’entend poursuivre le programme alternatif sont notamment la croissance soutenable et équitable, le plein-emploi, la stabilité des prix, une meilleure répartition des revenus ainsi que l’équilibre de la balance des paiements.
Au sujet de la croissance soutenable, l’étude entend proposer le programme un programme cohérent, susceptible d’emporter prioritairement l’adhésion des congolais mais aussi les partenaires étrangers. La stratégie tourne le dos aux choix du passé.
La priorité du développement est ainsi accordée à l’agriculture, en mettant l’accent sur le rôle des prix, des marchés, du secteur privé autochtone à promouvoir et à développer. L’accent est également mis sur la participation des collectivités locales, la décentralisation, la promotion culturelle et le respect de l’environnement.
Quant aux sources de la croissance, l’étude note que c’est l’agriculture qui devra être le fondement principal de la croissance de l’économie congolaise. A plus long terme, le secteur industriel dont la contribution au PIB n’est que de 7%, pourra contribuer plus à la croissance si le pays stimule l’esprit d’entreprise et l’investissement privé. Cependant, soutiennent les experts, l’essor de l’agriculture comme celui de l’industrie exige un renforcement des liens entre les deux secteurs. Etant donné qu’en RDC, ces liens sont lâches du fait de l’insuffisance de l’infrastructure, de déficit énergétique, de l’inadaptation de la production industrielle aux besoins des ruraux et de l’incapacité de remédier à la fragmentation des marchés ruraux et urbains.
Pour réaliser le programme alternatif, l’étude de la Société civile préconise également la rationalisation de l’accroissement démographique.
À ce sujet, les experts tiennent compte du fait que de 15 millions en 1959, la population de la RDC est passée de 80 millions aujourd’hui. Le taux de croissance démographique est évalué à 3%. Ce qui rapproche la RDC du taux moyen africain qui est de 3,2%.
L’éducation et la formation occupent une place de choix au sein du programme alternatif du développement économique et social. La Société civile estime qu’il faut redéfinir le rôle de l’école dans la société congolaise de demain. « Former pour le développement endogène devra être synonyme de former le congolais à l’autonomie tant politique, économique et culturelle », note l’étude.
L’étude stipule que l’école nouvelle doit s’installer comme l’antithèse de l’école coloniale et néocoloniale. Elle doit s’installer comme cadre de libération des esprits et de désaliénation. L’école nouvelle préconisée doit marquer un nouvel ordre politique et culturel, conforme à la vitalité de la nouvelle perspective qui a pour contour la démocratie, le développement endogène, l’Etat de droit….
Hormis le programme alternatif pour le développement économique et social, l’Odep a présenté une charte d’engagement au contrat social électoral. Celle-ci est basée sur six principaux axes.