Semaine mondiale de l’argent : l’Institut d’émission vulgarise dans les milieux scolaires

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Afin de préparer la jeunesse congolaise à une gestion efficiente des ressources financières, l’Institut d’émission a opté pour l’implication des élèves chaque fois qu’il s’agit de la célébration de la semaine mondiale de l’argent. Depuis trois éditions, un travail de pédagogie est assuré par des experts de la Banque centrale du Congo (BCC) afin qu’à terme, le pays puisse disposer d’un type de citoyens économiquement responsables.

Olivier Kaforo

Le monde entier commémore, du 12 au 18 mars, la semaine mondiale de l’argent. En marge de cette commémoration, un groupe d’élèves de Kinshasa sont édifiés, à l’initiative de la Banque centrale du Congo (BCC), sur quelques notions relatives à l’importance des questions d’argent, principalement les notions liées à l’épargne. Pendant toute la période de la célébration de cette semaine, des élèves sélectionnés à travers différentes écoles de la capitale bénéficient d’explications claires en rapport avec le thème retenu pour cette année, à savoir « l’importance des questions d’argent ».
Dans un jeu de questions-réponses, le gouverneur de la Banque centrale du Congo, Deogratias Mutombo Mwana Nyembo, a eu à fournir des informations nécessaires à cette frange de jeunes afin qu’ils puissent mieux intérioriser les notions liées à la monnaie. Des visites guidées ont même été organisées à travers quelques services de l’Institut d’émission, de la production à la destruction des billets de banque.
La semaine mondiale d’argent a été introduite en RDC depuis 2015. Elle vise à doter la jeunesse  congolaise des  notions et connaissances susceptibles de lui permettre de devenir des citoyens économiquement responsables.
Concernant l’épargne, Deogratias Mutombo a invité son auditoire à intérioriser et pratiquer de manière régulière cette notion afin de bénéficier des avantages que présente l’épargne. « L’épargne est la partie du revenu qui – pendant une période donnée – n’est pas détruite immédiatement par une dépense. Epargner constitue un sacrifice. Il obéit à un certain nombre de principes. L’épargne n’est pas seulement l’apanage des adultes, même les enfants aussi peuvent épargner », a expliqué le gouverneur de la BCC.
Plusieurs autres questions ont été abordées. Notamment celles relatives à l’instabilité du franc congolais et son impact sur le vécu quotidien ainsi que sur l’épargne en monnaie nationale. La question de la circulation des faux billets de francs congolais et les mesures prises par la BCC pour lutter contre la contrefaçon, l’importance de la salle de broyage pour la BCC ainsi que les raisons de la célébration de la Semaine mondiale de l’argent ont également été évoquées.
Au sujet de la contrefaçon, Deogratias Mutombo a indiqué que la Banque centrale du Congo met en circulation 1.300 milliards de francs congolais chaque année. Et dans le lot, a-t-il affirmé, les billets contrefaits ne représentent que moins de 1%.
« Tout billet jugé contrefait est transmis à l’Institut d’émission. Lorsqu’on remet un faux billet de franc congolais à la BCC, on n’en reçoit pas un vrai en retour. Les machines de comptage des billets dont dispose la BCC sont intelligentes. Elles détectent facilement les faux billets. Une fois détecté, le faux billet sort tout de suite par une autre voie. En RDC il y a très peu de billets contrefaits », a enchainé Deogratias Mutombo.
À la question de savoir les raisons de disparition des petites coupures de franc congolais, l’interlocuteur des élèves a été explicite. Comme dans un auditoire rempli d’économistes en formation, le gouverneur de la BCC a fourni des explications appropriées. Deogratias Mutombo lie la rareté de petites coupures à la dépréciation de la monnaie.
« La disparition des petites coupures se justifie par la dépréciation qu’a connue la monnaie congolaise à travers le temps. Chaque fois qu’il y a dépréciation, les prix des biens et services augmentent. Dans cette situation, naturellement les petites coupures s’effacent elles-mêmes de la circulation, même si la BCC continue à les produire à perte.  Pour produire un billet de banque, l’Institut d’émission débourse 0,4 Euros, l’équivalent de plus ou moins 500 francs congolais », a-t-il fait observer.

Auteur de l’article : Administration