Dédoublement des partis politiques : dossier clos au CNSA

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Par Le Potentiel

– Hormis le MSR, le G7 récupère ses partis politiques

  • Le cas UDPS reste en attente

A quelques jours de la date butoir, soit le 6 avril 2018, fixée par la Céni pour la publication de la liste définitive de partis et regroupements politiques devant concourir aux élections de décembre 2018, le CNSA (Conseil national de suivi et d’évaluation de l’Accord du 31 décembre 2016) vient de franchir un pas important sur la question du dédoublement des partis politiques, dont souffrait particulièrement le G7. Hormis le MSR de Pierre Lumbi, les autres partis du G7 ont été restitués à leurs pères fondateurs. Toutefois, le suspense demeure sur le cas UDPS.

Les animateurs du Groupe de sept partis frondeurs de la Majorité présidentielle (G7)

Un pas important vient d’être franchi dans la voie de la décrispation par la levée du dédoublement des partis politiques. Pour avoir été la principale victime de cette entorse dans la pratique démocratique, le G7, une des plateformes du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement (Rassop), vient d’en tirer gain de cause.

C’est le controversé CNSA (Conseil national de suivi et d’évaluation de l’Accord du 31 décembre 2016) qui a apporté l’apaisement longtemps souhaité sur la question. Cela en publiant, mercredi, une déclaration à l’issue d’une plénière qui s’était penchée sur ce dossier.

Aux termes de sa déclaration, le CNSA a levé l’option de mettre fin au dédoublement des partis politiques membres du G7, à l’exception du MSR de Pierre Lumbi. Ainsi, Olivier Kamitatu retrouve son parti, Alliance pour le renouveau du Congo (ARC), José Endundo son PDC (Parti démocrate chrétien, Gabriel Kyungu wa Kumwanza son Unafec (Union nationale des fédéralistes du Congo) et Christian Mwando Nsimba son Unadef (Union nationale des démocrates fédéralistes).

S’agissant du MSR, le CNSA reproche à Pierre Lumbi de « n’avoir ni répondu, ni produit des statuts ou arrêté d’enregistrement » qui établit un lien de paternité avec le MSR. Sur la base des éléments en sa possession, le CNSA dit avoir « recommandé au ministère de l’Intérieur et Sécurité de ne considérer comme parti politique que le MSR couvert par l’arrêté ministériel du 23 janvier 2016 », donc celui enregistré sous la direction du secrétaire général Rubota. Le litige concernant Pierre Lumbi n’ayant pu être décanté à son niveau, le CNSA a, par conséquent, recommandé à Pierre Lumbi de « créer son propre parti », demandant par la même occasion au ministère de l’Intérieur de « lui en faciliter l’enregistrement ».

UDPS, le litige persiste

Si les partis du G7 ont recouvré leur identité au terme de la séance plénière extraordinaire du CNSA, le cas de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) – parti également en proie à de grandes dissensions internes après la mort de son leader en février 2017 à Bruxelles – a été renvoyé à une séance ultérieure. Pour le moment, trois camps s’affrontent dans l’UDPS. Il y a d’un côté, le camp de Jean-Marc Kabund et de Félix Tshisekedi qui jouissent de tous les attributs du parti, et de l’autre les camps de deux frondeurs, à savoir Bruno Tshibala et Valentin Mubake qui revendiquent, à leur manière, l’héritage politique d’Etienne Tshisekedi.

C’est dire que le cas UDPS reste encore une épine sous le pied du CNSA. Sans doute que dans les tout prochains, le CNSA parviendra à une solution qui va rétablir l’UDPS, le plus vieux parti de l’Opposition, en activité depuis 1982.

Regard vers la Céni

Si le CNSA a tranché, mettant fin au dédoublement de certains partis politiques, le prochain round de concertations devrait impliquer davantage le ministère de l’Intérieur. A ce propos, le CNSA souhaite engager « une concertation urgente entre lui, le ministère de l’Intérieur et la Céni en vue de trouver un compromis concernant les délais de transmission des listes des partis politiques à la Céni ». Est-ce que la Céni va fléchir concernant sa date butoir du 6 avril 2018 relative à la publication officielle des partis et regroupements politiques appelés à concourir aux élections de décembre 2018 ? Difficile à dire. Toutefois, le CNSA l’y pousse. Au moment où le jeu politique est rythmé par des alliances électorales aussi bien dans la MP que dans l’Opposition, l’on voit très mal la Céni prendre à contre-pied les acteurs politiques en les obligeant d’apprêter les listes de leurs partis et regroupements politiques avant le 6 avril 2018. Sans doute, la Céni a intérêt à jouer à son tour à l’apaisement, elle qui est l’une des parties prenantes à l’Accord du 31 décembre 2016. Elle est dans l’obligation d’assouplir son deadline et d’aider à la réalisation d’un processus électoral voulu inclusif par tout le monde. Se cabrer serait contreproductif. Au fond, un bonus de quelques jours ne ferait de mal à personne et la Céni en sortirait grandie.

En attendant qu’on y arrive, un pas important vient d’être franchi dans le sens de mettre fin au dédoublement des partis politiques. Le MSR de Pierre Lumbi qui ne s’avoue pas vaincu promet de réagir dans les prochaines heures. Dans ses rangs (lire encadré), on pense que la subjectivité a pris le dessous sur la raison dans la sentence réservée au parti de Pierre Lumbi.