Dédoublement du MSR : Mova devant ses responsabilités

Partager
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Écrit par Le Potentiel

La décision du Cnsa déchargeant Pierre Lumbi de toute paternité du MSR a créé des remous dans la classe politique. Jeudi, la direction du parti est sortie de son silence pour dénoncer la voie de l’illégalité choisie par le CNSA. Aux termes de l’Accord de la Saint Sylvestre, le dernier mot revient au vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur. Est-ce ce dernier va se laisser guider par le Cnsa ou travailler au rétablissement de Pierre Lumbi dans ses droits ? Placé devant ses responsabilités, Henri Mova a entre ses mains la gâchette pour une décrispation politique en bonne et due forme.

Le VPM en charge de l’Intérieur et Sécurité de la RDC, Henry Mova Sakani

Un pas en avant, deux pas en arrière. C’est la lecture qu’on se fait de la décision rendue publique, le mercredi 21 mars 2018, par le Cnsa en au terme de sa séance plénière extraordinaire qui s’est penchée sur la lancinante question de dédoublement des partis politiques, particulièrement ceux du G7. Si une option claire et nette a été levée concernant cinq partis du G7, à savoir l’ARC d’Olivier Kamitatu, le PDC de José Endundo, l’Unafec de Gabriel Kyungu et l’Unadef de Christian Mwando, un flou artistique persiste encore sur le MSR de Pierre Lumbi.

A l’issue de ses délibérations, le Cnsa a levé l’option de ne reconnaitre que l’aile dissidente placée sous la direction de l’honorable Rubota, écartant Pierre Lumbi de toute paternité avec le MSR. Pour confirmer sa décision le Cnsa a prié instamment Pierre Lumbi de créer « son propre parti politique » en vue de concourir aux scrutins de décembre 2018.

Comme on pouvait s’y attendre, la réaction du MSR ne s’est pas fait pas attendre. Hier jeudi, son secrétaire exécutif, Dieudonné Bolengetenge, a donné rendez-vous à la presse pour remettre les pendules à l’heure. Sans surprise, le MSR, qui se reconnait toujours en Pierre Lumbi, trouve inappropriée l’option levée au niveau du Cnsa. Au MSR, on crie à une nouvelle violation de l’accord du 31 décembre 2016, pour autant que les parties siégeant aux pourparlers du Centre interdiocésain avaient unanimement recommandé, dans le volet dédoublement des partis politiques, au ministre de l’Intérieur de rapporter sa décision octroyant en janvier 2016 l’agrément à l’aile dissidente du MSR menée par l’honorable Rubota.

Dans le réquisitoire présenté par son secrétaire exécutif, le MSR est allé déterrer la jurisprudence appliquée, en vertu du même accord, au MLC/Libéral de Thomas Luhaka qui a été obligé d’abandonner ce sigle au profit du MLC de Jean-Pierre Bemba.

« Pourquoi cette politique de deux poids, deux mesures », s’est alors écrié Bolengetenge avant de se demander : « En quoi le MSR de Pierre Lumbi fait-il exception, alors qu’une option claire et nette a levée par toutes les parties signataires à l’accord du 31 décembre 2016».

Mova en sapeur-pompier

Néanmoins, au MSR, on continue à croire que rien n’est encore perdu. Parce que le Cnsa dit avoir agi en vertu de l’accord de la Saint-Sylvestre, le MSR continue à défendre le compromis repris dans le même compromis politique. Son secrétaire exécutif n’a pas fait dans la dentelle : « Le MSR est un et indivisible. C’est le même qui a aligné des candidats en 2006 et 2011. C’est aussi le même qui a continué à siéger dans la MP. C’est aberrant de donner une quelconque légitimité à une aile dissidente créée de toutes pièces en janvier 2016, alors que le parti exerçait en toute légalité depuis des années ».

Autrement dit, la décision du Cnsa n’a résolu qu’à moitié la question de dédoublement des partis politiques du G7. Le cas MSR pose toujours problème. Dans l’opinion, on se pose bien des questions. Le Cnsa était-il habileté à trancher sur ce litige. En tout cas, au MSR, on dénie à Joseph Olenghankoy, président du Cnsa, la prérogative de statuer sur l’affaire MSR ; la question ayant été préalablement tranchée dans l’accord du 31 décembre 2016.

Pour l’instant, la balle est dans le camp du vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Henri Mova Sakanyi. On attend à ce que le patron de l’Intérieur s’aligne sur l’accord du 31 décembre 2016, en traitant avec lucidité – à l’instar de la jurisprudence MLC/L – le litige qui oppose le MSR à son aile dissidente. En agissant ainsi, le vice-Premier ministre de l’Intérieur va jouer au sapeur-pompier en corrigeant l’erreur du Cnsa qui s’est immiscé dans un litige dont il n’a pas la compétence, en vertu du même accord.

A neuf mois des élections de décembre 2018, tous les acteurs impliqués au processus électoral ont intérêt à travailler dans le sens de l’apaisement en vue de créer un climat de sérénité. Certes, un pas significatif vient d’être franchi dans le sens de la fin de dédoublement des partis politiques. Mais, traiter la question à moitié ne ferait qu’exacerber la crise politique alors que tout le monde appelle à la décrispation politique. Henri Mova n’a aucun intérêt à jeter de l’huile sur le feu. Il n’est donc pas trop tard pour le vice-Premier ministre de l’Intérieur – autorité nommée dans l’accord du 31 décembre – pour éteindre le feu.

One thought on “Dédoublement du MSR : Mova devant ses responsabilités

  1. L’auteur de l’article part d’une fausse premise (et comme on dit partir d’une premise fausse ne peut aboutir qu’à une mauvaise conclusion)
    La fausse premise ou la mauvaise comparaison: le cas du parti « MLC » confondu au cas du parti « MSR ». L’histoire du « MLC » c’est d’abord unearreté Ministeriel qui fait exister un MLC; ensuite un 2ème arreté qui fait exister un 2ème MLC (avec barre L: MLC/L). L’histoire du fameux « MSR »: au départ et jusque fin 2015 Zero (0) arreté Ministériel = inexistence au plan de la loi d’un quelconque parti « MSR », sur terrain il y a Mr. Pierre Lumbi qui conduit une organisation spontannée (suis generis) auto-nommée « MSR » qui dans leurs tete serait greffé à un parti tiers appelé « MNR ». A partir de 2016, 1 arreté Ministeriel fait exister 1 part « MSR » dirigé par Mr. Rubota. CONCLUSION LOGIQUE: – le 2ème arreté faisant exister le MLC/L est un double du 1ère arreté du MLC ne ressemble pas à -1er arreté faisant exister le MSR ne peut etre un double ou dopublon d’un vide, de zero (0) arreté d’un parti imaginaire/Spontanné/inexistant au plan de la loi « MSR/Pierre Lumbi ».

Comments are closed.