Kinshasa : le commerce du sexe se porte bien sur l’avenue Kabambare

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La prostitution a élu domicile le long de l’avenue Kabambare, dans la commune de Kinshasa. Le commerce du sexe se porte bien sur le tronçon compris entre les avenues du Marais et de l’École qui traversent Kabambare. Des femmes et jeunes filles s’y comportent en véritables professionnelles du sexe.

Dès 19 h00’, elles envahissent le trottoir de cette avenue, pratiquement nues. Elles s’habillent d’un décolleté moulant le corps, laissant entrevoir les seins et des jupettes, ne couvrant rien en dessous, laissant également entrevoir des formes de l’anatomie féminine.

@Crédit Photo/Voila.ce

Outre les piétons, les automobilistes tombent souvent dans le filet de ces prostituées. Une fois les phares allumés, elles exhibent le corps, souvent en soulevant la jupette. C’est leur manière de séduire les hommes.

Ceux qui fréquentent ce tronçon routier occupé par les pros du sexe, la nuit tombée, vivent des scènes à peine croyables. Parmi ces prostituées figurent des mères de famille, des filles tant adultes qu’adolescentes qui ont abandonné leurs foyers et enfants à la quête d’un peu d’argent.

Lorsqu’on semble ne pas s’intéresser à elles, elles sifflotent et poussent des cris pour provoquer les éventuels partenaires. « Yaka toyokana, oza na bongo boni ? » (Venez qu’on débatte du tarif, combien avez-vous ? », lancent-elles.

À noter qu’une fois le marché conclu, les deux partenaires négocient le lieu des ébats. Ne vous attendez pas qu’ils aillent dans un hôtel ou une maison de passe. Le plus souvent, ce sont des maisons inachevées ou encore des coins très sombres. Après la partie, ces prostituées regagnent leur lieu de travail pour continuer la conquête d’autres « clients ».

Approchée par la presse, l’une des prostitués, sous le sceau de l’anonymat, a confié qu’elle s’adonne à ce métier pour satisfaire ses besoins, vu que les conditions de vie sont devenues très difficiles. « C’est juste un moyen pour survivre, étant donné que je n’ai pas d’autre travail », a-t-elle avoué. Et de poursuivre : « Si vous avez la chance de rencontrer trois ou quatre partenaires par soirée, vous multipliez le montant à percevoir par le nombre de ces partenaires. Ceci vous permet de vivre. »

Pour une autre prostituée, qui a également requis l’anonymat, « le prix pour une relation protégée est fixé à 3 000 Fc. Pour ceux qui désirent une relation non protégée, ils sont obligés de payer le triple de ce prix », a-t-elle renseigné.

Selon le témoignage d’une habitante du quartier Aketi, dans la même commune, plusieurs hommes adorent le coin et tout celui qui s’aventure à passer par cet endroit est considéré comme un éventuel client. « C’est la pauvreté et le manque d’instruction qui sont à la base de cette pratique. N’ayant pas assez d’informations sur le danger qui les guette, ces femmes ignorent les infections et maladies sexuellement transmissibles », a-t-elle fait remarquer.

La prostitution, qui est le plus vieux métier du monde, s’opère partout, mais ce qui se passe sur l’avenue Kabambare aux alentours de 19 heures n’est rien d’autre qu’une humiliation de la gent féminine.

Dans la ville de Kinshasa, Kabambare n’est qu’un cas parmi tant d’autres. Le centre-ville et le site Pakadjuma dans la commune de Limete, pour ne citer que ces exemples, sont également confrontés à la prostitution. Les autorités municipales et policières sont appelées à décourager ces professionnelles de sexe qui opèrent sans être inquiétées. Pour le cas de Kabambare, l’atteinte à la pudeur est offerte à quelques encablures de la maison communale de Kinshasa.

Francine Kapinga/Stagiaire de l’Ifasic