RDC/Délai butoir du 26 mars : la Céni se fait intransigeante

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Écrit par Le Potentiel

Alors que des tractations se multiplient autant dans la MP que dans l’Opposition pour la constitution de plateformes électorales, la Céni vient de rappeler par un communiqué datant d’hier vendredi qu’elle attend du ministère de l’Intérieur la transmission, le 26 mars 2018 au plus tard, de la liste des partis et regroupements politiques appelés à concourir aux élections de décembre 2018. Dans les états-majors politiques, c’est la débandade. Tout le monde est pris de court. La Céni se montre intransigeante pour, se défend-elle, ne pas perturber le calendrier électoral du 5 novembre 2017.

Un communiqué, puis c’est la panique dans différents états-majors politiques. La Commission électorale nationale indépendante (Céni) vient, par un communiqué, de rappeler le respect du délai butoir du 26 mars 2018 pour la validation à minuit des partis et regroupements politiques habiletés à concourir aux élections de décembre 2018. En réalité, c’est tout le monde qui est pris à contrepied, autant la Majorité présidentielle que l’Opposition politique.

Le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Corneille Nangaa, lors d’une conférence de presse à Kinshasa, le 02/11/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Au moment où des tractions se multiplient dans différents camps politiques, la Céni vient d’asséner un coup qui pourrait sensiblement changer la donne. Aux dernières nouvelles, l’on apprend que la MP a déjà constitué en son sein 14 plateformes électorales. La dynamique a également gagné les rangs de l’Opposition, où des contacts sont très avancés pour la création des plateformes électorales.

Au moins, sur ce dossier précis, les partis et regroupements politiques qui ont apporté, au terme du conclave de Johannesburg, leur appui à la candidature de Moïse Katumbi, semblent avoir pris une bonne longueur d’avance. Avec la constitution du mouvement électoral « Ensemble pour le changement », le problème ne devrait donc pas se poser pour les soutiens à Katumbi. Reste cependant à faire avaliser cette plateforme électorale au niveau du ministère de l’Intérieur. Ce qui, sans doute, devrait être fait depuis le retour, il y a plus d’une semaine à Kinshasa, de principaux ténors de la plateforme électorale de Moïse Katumbi. Rien d’alarmant à ce niveau.

Mais, en réalité, le communiqué de la Céni soulève bien des interrogations. Car, en se substituant presque au ministère de l’Intérieur à qui la Céni va jusqu’à donner des instructions pour le respect strict du délai du 26 mars 2018 pour la validation des partis et regroupements politiques, la centrale électorale se fait passer pour une tutelle des institutions du pays.

Evidemment, des questions fusent de partout. Jusqu’où va l’indépendance de la Céni ? Pourquoi, pour une question éminemment politique, la Céni se permet-elle de presser les partis et regroupements politiques ? Difficile d’y répondre pour le moment. En réalité, la Céni a jeté un pavé dans la marre.

Personne, aussi bien dans la MP que dans l’Opposition n’est indifférent au communiqué de la Céni. Le week-end promet d’être très mouvementé. Qu’est-ce qui va se passer au lendemain du 26 mars 2018 ? La question est sur toutes les lèvres.

 

Devoir de recadrage

Pour l’instant, la Céni s’est voulue intransigeante. De la lecture de son communiqué, son délai butoir du 26 mars 2018 n’est pas flexible. Il est dès lors opposable à tout le monde.

L’épineuse question de dédoublement des partis politiques a été soumise au débat du Conseil national de suivi et d’évaluation de l’Accord du 31 décembre 2016. Si la plupart des partis du G7 ont recouvré leur paternité, le MSR de Pierre Lumbi n’est pas encore fixé sur son sort. En dernière instance, c’est le vice-Premier ministre et ministre en charge de l’Intérieur qui devrait trancher le litige opposant le MSR de Pierre Lumbi à l’aile dissidente placée sous la direction de l’honorable Rubota. C’est dire qu’en matière de dédoublement, aucune solution définitive n’est encore trouvée.

Certes, le CNSA a levé une option, mais le dernier mot revient au vice-Premier ministre de l’Intérieur. Est-ce à dire que toutes les questions laissées en suspense, en termes de dédoublement des partis politiques, devrait trouver une solution au plus tard le 26 mars 2018 à minuit ? A première vue, c’est peu probable.

Aucune simulation possible ne laisse présager que tous les partis et regroupements politiques seront prêts le 26 mars à minuit pour déposer leurs dossiers au ministère de l’Intérieur. Aussi bien dans la MP que dans l’Opposition, des tractations se poursuivent. Que reste-t-il à faire ? A dire vrai, la Céni doit revenir à la raison, en assouplissant éventuellement son délai butoir en vue de permettre à tout le monde – toutes tendances confondues – de s’apprêter pour le rendez-vous de décembre 2018.

Dans les différentes opérations inscrites à son calendrier électoral du 5 novembre, la Céni a eu à plusieurs reprises à proroger des délais. C’était le cas des opérations d’enrôlement des électeurs et bien d’autres. Pourquoi n’en serait-il pas le cas pour la validation des partis et regroupements politiques au niveau du ministère de l’Intérieur ?

A moins que la Céni cherche par des moyens subtils à torpiller le jeu électoral, son délai butoir incompressible du 26 mars ne s’explique pas. La Céni a tout intérêt à revenir à la raison en prenant en compte la donne hautement politique qui entoure ce dossier. C’est à peine que la polémique autour du dédoublement politique vient de trouver un dénouement – en attendant, bien sûr,- le dernier mot du vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur.

A ce propos le CNSA a prévu des concertations autour de la Céni et du ministère de l’Intérieur pour discuter de toutes les questions liées au processus électoral. Pourquoi la Céni n’a-t-elle pas attendu les conclusions de ces concertations pour se lancer en solitaire, comme elle en donne la preuve avec son communiqué du 23 mars 2018.

Il y a une sagesse qui rappelle qu’il ne faut jamais placer la charrue devant le bœuf. La Céni ferait mieux de s’en inspirer. Il y va non seulement de la crédibilité du processus électoral mais aussi de l’impératif de réunir tous les préalables nécessaires à la tenue d’élections apaisées. L’indépendance de la Céni ne veut pas dire que la centrale électorale peut tout se permettre, jusqu’à ignorer son statut d’institution d’appui à la démocratie.

En effet, les élections représentent le socle sur lequel est bâtie toute la démocratie. Et la Céni ne devait pas traiter cette question, sans prendre en compte la dynamique politique du terrain. A ce titre, le délai butoir du 26 mars 2018 ne devrait pas être inflexible. De commun accord avec le ministère de l’Intérieur, qui doit, pour le moment, être débordé par les demandes de régularisation des partis et regroupements politiques, la Céni doit initier des concertations, en impliquant éventuellement le CNSA, pour réfléchir sur un nouvel échéancier à accorder à tous les partis et regroupements politiques.

S’engager en solitaire sur cette voie, comme elle l’a fait à travers son dernier communiqué, ne résout pas le problème. Il y va aussi de l’apaisement tant souhaité pour donner la chance à la RDC d’envisager avec sérénité les élections de décembre 2018.

Passer par un forcing, c’est planter déjà le décor d’un scrutin à haut risque qui pourrait précipiter le pays dans un désordre indescriptible. La Céni ferait mieux de recadrer le tir, en évitant par son intransigeance d’exclure toute ou une partie de la classe politique des élections de décembre 2018.

One thought on “RDC/Délai butoir du 26 mars : la Céni se fait intransigeante

  1. L’auteur de l’article Mr. Ntambweest un Congolais dont on a pas pu purger la mauvaise mentalité des Zairois. Il s’insurge du fait que la CENI veut respecter les délais fixés dans le Calendrier éléctoral. Il se fourvoi dans des explications pour demontrer que la CENI est fautive en voulant respecter les délai. Pour lui il faut que le délai ne doit pas respecté et toutes les xplications sont bon: puisqu’on a pas respecté tel delai de telle activité On ne doit pas aussi respecter ce délai-ci. Le président Joseph Kabila avait raison de dire que pour ce qui est de son Bilan des 17 ans, son regret a été de n’avoir pas pu arriver à changer les congolais du genre de Mr. Tambwe qui ont gardé les mauvaises mentalités genre « Un Zairois ne respecte jamais le temps/heure/délai ».

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