Revenir à l’accord

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La question de dédoublement des partis politiques a trouvé une réponse partielle au terme, mercredi dernier, de la séance plénière extraordinaire du Cnsa (Conseil national de suivi et d’évaluation de l’Accord du 31 décembre 2016). Le G7 en sort en partie rétabli, en reprenant l’identité de cinq de ses partis membres.

Mais, dans la décision rendue par le Cnsa, Pierre Lumbi, président de la plateforme « Ensemble pour le changement », mouvement qui soutient la candidature de Moïse Katumbi à la présidentielle de décembre 2018, a été recalé. Le Cnsa motive à sa manière sa décision. Ce qui ne convainc nullement le MSR qui se reconnait encore en Pierre Lumbi.

J.Olenga Nkoy lors de la cérémonie de signature de l’accord du dialogue inclusif le 31/12/2016 à Kinshasa. Ph/Radio Okapi Okapi/Ph. John Bompengo.

Jeudi, la presse a été édifiée sur ce que le MSR qualifie d’« imposture ». Dans ses rangs, on voit dans la décision du Cnsa une main noire de la Majorité présidentielle qui a juré par tous les moyens de régler des comptes à Pierre Lumbi.

Qu’en est-il en réalité ? Pour l’essentiel, le MSR fonde son argumentaire sur le fait que l’Accord du 31 décembre 2016 a déjà réglé le litige opposant le MSR à sa branche dissidente pilotée par le député national Rubota.

Le même Accord avait tranché dans le même sens pour le cas du MLC/Libéral de Thomas Luhaka. Pour se détacher du MLC de Jean-Pierre Bemba, Thomas Luhaka s’est finalement rétracté en abandonnant cette piste. On s’attendait donc à ce que l’honorable Rubota fasse de même, en se détachant des sigles qui renvoient au MSR, en vertu de l’accord politique de la Saint-Sylvestre.

Nous voilà dans une polémique qui va certainement retarder la décrispation que d’aucuns appellent de tous leurs vœux pour des élections apaisées. Si le Cnsa croit, comme le dit son président, se soumettre à l’Accord du 31 décembre 2016, il est de son devoir de s’y conformer de bout en bout. Car, pour le cas du MSR, les parties aux pourparlers du Centre interdiocésain ont levé une option que la décision du Cnsa vient malheureusement de remettre en cause.

Le Cnsa a donc résolu un problème en créant un autre. On n’est pas sorti de l’auberge. Le Cnsa ferait amende honorable de revenir le plus rapidement possible à l’Accord de la Saint-Sylvestre pour régler un litige tranché depuis le 31 décembre 2016.