Cinq questions à Papy Mavoka (*)

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  1. Vous faites partie de la diaspora congolaise vivant à Londres. Quelles sont les stratégies que vous mettez en place pour inciter les femmes à se présenter aux élections qui pointent à l’horizon ?

    Papy Mavoka, coordonnateur de DRC Vision

À notre niveau, nous avons mené une grande sensibilisation à toutes les femmes de Matete, Lemba et Kisenso pour se munir des cartes d’électeurs. Cela nous donnera le pouvoir d’affronter les élections qui s’annoncent. Et nous les encourageons de poser aussi la candidature, afin qu’il y ait bon nombre de femmes au parlement, car cela fait partie de la lutte pour la parité. En réalité, ce combat pour la parité fait partie également de l’une des missions des Nations unies. Devant cet engagement que prennent ces dernières, nous, nous ne pouvons que saluer pour arriver à aider les femmes à maximiser leur chance dans la course électorale, du fait que la représentation des femmes au Parlement est très faible. Pourtant, elles ont un rôle à jouer dans la société. Donc, l’essentiel c’est de donner à la femme congolaise une place considérable en vue de l’aider à agir. À mon avis, je suis très content de voir bon nombre de jeunes filles qui se sont faits enrôlées dans ces trois communes. Donc, pour moi, c’est une grande satisfaction.

  1. Le mois de mars se clôture bientôt, quelles sont les activités que votre ONG a menées pour la promotion des femmes ?

Souvent, ce sont des jeunes qui tombent victimes du VIH/Sida, parce qu’ils ne savent plus se maitriser face à cette maladie incurable. Raison pour laquelle notre organisation a mené une série d’activités sensibilisatrices en faveur des jeunes filles et garçons. Nous avons invité un docteur spécialiste en domaine de la maladie sexuellement transmissible pour échanger avec nos mamans. C’est l’une des stratégies de communication qui avait pour objectif de lutter contre le Sida dans la ville de Kinshasa. Et, il faut savoir que nous allons poursuivre nos activités de la sensibilisation pour aider la jeunesse à contrer non seulement le VIH/Sida, mais également à faire face aux différents maux dont les femmes sont victimes. Je sais que ce n’est pas facile, mais avec le moyen que nous avons, nous allons réussir à la conscientisation des jeunes.

  1. D’après vous, qu’est-ce qui bloque la parité dans différentes institutions de la RDC ?

Le manque d’obtenir des institutions fortes. Cela s’explique aussi par le non-respect de la loi au niveau du Parlement, du fait qu’on sait que c’est la majorité des hommes qui occupent le Parlement. Il sera bon que les femmes reconnaissent leur droit pour barrer la route à la marginalisation et à l’exclusion sociale. Nous ne pouvons que respecter les lois régissant l’expression de la femme au Parlement. Et il faut souligner que nous organisons une fête le 31 mars pour clôturer le mois de la femme.

  1. Dans ce cas, qu’est-ce que le gouvernement congolais peut faire en vue de gagner le pari de la parité « Homme-Femme » ?

Nous devons lutter contre la violence faite à la femme. Et j’encourage la conseillère du chef de l’Etat en matière de lutte contre les violences faites aux femmes, Jeanine Mabunda, pour avoir fait de cette question son cheval de bataille. Et, nous avons l’obligation de dénoncer toutes ces personnes osant commettre ces actes jugés ignobles contre les femmes. D’ailleurs, nous profitons de cette interview pour demander au gouvernement de nous soutenir financièrement, car ce que nous faisons dans notre organisation cadre avec la vision du chef de l’État.

  1. Depuis la fondation de votre organisation, on a l’impression qu’aucune femme n’a été élevée au poste de secrétaire général. À quoi est dit cette situation?  

Selon le texte de notre organisation « DRC Vision », nous organisons des élections chaque trois ans pour promouvoir la démocratie au sein de notre structure et accorder aussi la chance à tout le monde de tenir le bâton. Malheureusement, les femmes qui se disent candidates finissent toujours par échouer. La majorité d’électeurs votent pour les hommes. Mais cela ne nous empêche pas de pousser les filles à postuler pour le poste de secrétaire général de notre organisation.

Propos recueillis par Hervé Ntumba

(*) Coordonnateur de l’ONG « DRC Vision »