Transfèrement des eaux du fleuve Congo : le ministre de l’Environnement attendu au Parlement

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Écrit par O.K

 Les députés nationaux comptent entendre le ministre de l’Environnement et développement durable, Amy Ambatobe sur la question du transfèrement des eaux du fleuve Congo vers le lac Tchad. A l’Assemblée nationale, l’option a été levée le mardi 27 mars par les élus nationaux. Pour les députés nationaux, le ministre de l’environnement et développement durable devra s’expliquer devant eux sur l’épineuse question de transfèrement des eaux du fleuve Congo vers au lac Tchad. 

Lors d’un débat autour de la question, quelques élus du peuple ont fustigé le projet et condamné le silence « coupable » du gouvernement à ce sujet.

Dans son mot de clôture, le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku a félicité l’initiateur de cette question avant de suggérer aux élus d’inviter immédiatement le ministre de l’Environnement pour que ce dernier éclaire la représentation nationale sur cette situation.

Le ministre congolais de l’Environnement, Amy Ambatobe

« Notamment, les négociations qui se font sans nous et qui sont même allées jusqu’à un appel d’offres, de sorte qu’après avoir entendu le ministre, bien évidemment, il faut qu’il y ait des recommandations, nonobstant les prérogatives qui sont les nôtre », a déclaré Aubin Minaku.

Une « Cellule d’éveil et de veille » a été mise en place par la chambre basse du Parlement par rapport à cette situation.

Dans les milieux scientifiques, le projet ne fait pas l’unanimité. Dans un ouvrage intitulé « Cas des Bassins du Congo et du Nil », Richard Lukunda Vakala-Mfumu suscite le débat sur le projet Transaqua. Projet qui vise le transfèrement des eaux du fleuve Congo vers le Nigeria, le Niger et le Tchad ainsi que vers tous les pays membres de la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT).

Selon cet essai, ce projet prévoit de barrer les cours de plusieurs rivières importantes du Nord-Est de la République Démocratique du Congo au moyen de barrages de régulation, à savoir les rivières Ubangi, Aruwimi, Lindi et Lowa.

Les débits de ces cours d’eau seront ainsi soustraits pour être amenés vers un lac artificiel construit sur la rivière Ubangi en amont de la ville de Bangui, en République Centrafricaine. De là, un canal conduirait ces eaux entre le bassin du Congo et celui du Chari, à environ 600 mètres d’altitude.

En outre, l’Algérie projette, de son côté, de construire un canal fluvial transafricain lui permettant de s’alimenter du fleuve Congo car, ses ressources en eau, surtout dans les Hauts-Plateaux et les steppes, atteindront leurs limites à l’horizon 2020-2025. L’objectif est de couvrir complètement les besoins actuels et à venir des populations en reliant, en tant que voie navigable, le fleuve Congo à la région du bassin Melghir en Algérie, d’une part, et de permettre de restaurer le lac antique d’une superficie de 7 000 Km2, d’autre part.

Les analystes continuent de s’interroger sur les avantages réels que l’Etat congolais, en général, et le peuple congolais, en particulier, vont tirer de ces projets. Une autre préoccupation concerne les conséquences sur l’écosystème de la RD Congo. Par-dessus tout, les observateurs ont la nette impression que la RD Congo n’est pas du tout impliquée dans les travaux relatifs à ces projets et que les pays bénéficiaires voudraient s’imposer.

Dès lors, une question reste posée, celle de savoir ce qui adviendrait si le Congo Démocratique s’opposait à ces projets qui risquent de porter préjudice à son écosystème et de précipiter la désertification de l’Afrique sub-saharienne.

Pareille attitude semble salvatrice et prévoyante à l’heure actuelle où l’humanité est en pleine lutte contre le réchauffement climatique.

Elle nécessite de mener des actions de lobbying auprès du Conseil de Sécurité de l’ONU, de l’Union Européenne et tant d’autres puissances du monde pour faire entendre la voix de la nation congolaise, en vue de prévenir la  «  guerre de l’eau  » souvent évoquée dans certaines conversations.

 

Auteur de l’article : ntambwe