Fuite en avant

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Écrit par Le Potentiel

Le succès du processus électoral dépendra du rôle que devra jouer chaque institution de la République. Le gouvernement, le Parlement, les Cours et Tribunaux, la Céni ont, chacun, un rôle prééminent à jouer pour que les élections du 23 décembre 2018 atteignent les objectifs escomptés. Le vœu de tous est que ces élections permettent effectivement l’alternance démocratique du sommet à la base dans la paix et dans le respect des dispositions légales du pays.

Le défaut de rôle de chacune de ces institutions va directement impacter le processus voire provoquer une crise beaucoup plus grave que celle qu’on a connue à l’issue des élections de 2011. Les élections de décembre 2018 sont sous haute tension surtout qu’elles ont été retardées depuis décembre 2016. L’enjeu de prochains scrutins, à savoir la première alternance pacifique à la présidence de la République, devrait ainsi stimuler les animateurs de toutes les institutions à la responsabilité.

Une femme verse le bulletin de vote dans l’urne pendant les élection de 2011

Hélas ! On n’en est pas encore là. La majorité au pouvoir continue à imposer son diktat à toutes les institutions de la République en violation de la Constitution. Le vote de la loi électorale à l’Assemblée nationale s’est fait de manière cavalière, sans l’opposition. De la même manière, la Cour constitutionnelle vient de rejeter in extremis les trois requêtes en inconstitutionnalité de la loi électorale déposée par les députés et sénateurs ainsi que par les acteurs politiques.

C’est un très mauvais signal pour la suite du processus électoral en RDC. C’est par quatre voix pour et quatre voix contre que la Haute Cour a rejeté cette requête, la jugeant infondée. C’est même la voix du président de la Cour constitutionnelle qui a départagé les hauts magistrats.

Dans le camp des requérants, on crie au scandale. La Cour constitutionnelle n’a pas dit le droit. Elle a exécuté plutôt une décision sans doute dictée par le pouvoir. Le problème demeure intact. Le seuil de 1% est maintenu aux législatives. De même, la caution exorbitante des candidats. Le droit n’a pas été dit. C’est donc une fuite en avant des hauts magistrats. Ce qui est très inquiétant pour les contentieux électoraux, lorsqu’on sait que c’est cette même cour constitutionnelle qui est habilité à trancher les litiges électoraux.

Auteur de l’article : ntambwe