Angola : la guerre de tranchées entre J. Lourenço et Dos Santos, les deux hommes ne se parlent plus

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Écrit par Cyprien Kapuku

Plus rien ne va entre l’actuel président angolais Joao Lourenco et l’ancien président José Edouardo Dos Santos. Les deux hommes ne se parlent plus depuis un temps, affirme l’analyste Alex Vines, du centre de réflexion britannique Chatham House, cité par AFP.

Personne n’aurait pu imaginer il y a quelques près de six mois lorsque José dos Santos transférait le pouvoir à son Dauphin, Joao Lourenco, que les relations plutôt bonnes entre les deux hommes pourraient devenir ce qu’elles sont aujourd’hui.

L’ex-président angolais José Eduardo dos Santos (D) et l’actuel président de l’Angola, Joao Lourenço (G), lors d’un meeting à Luanda, le 3 février 2017. © Ampe Rogerio, AFP |

Entre les deux hommes l’ambiance est devenue polaire. Leurs relations, bonnes tout au début, se sont tellement détériorées au point que les deux hommes ne se parlent plus. Signe que le « divorcé » est consommé. A cette allure, les empoignades sont redoutées.

Pour le nouveau président angolais, il faut rompre avec le système ancien de gestion des affaires publiques caractérisé par le 35 ans de règne sa partage d’Eduardo Santos. Le tout nouveau président angolais s’amène avec de réformes «  courageuses » dont la mise en œuvre nécessite, selon son camp, une table rase des pratiques anciennes.

Le nouveau régime angolais qui s’est donné la mission de miracle économique dans un pays en pleine crise pour cause de chute des cours du pétrole, veut pour atteindre cet objectif, «  éradiquer la corruption et mettre fin au népotisme reprochés à l’ancien régime. Une ligne politique qui frise l’insulte d’après les cadres du Mouvement pour la libération d’Angola qui sont restés encore fidèles à l’ancien président angolais encore à la tête du parti.

Et au niveau de ce parti à la base de l’indépendance de l’Angola, l’entente n’est plus parfaite. Les deux camps se sont nettement crées. Les pro-Lourenco et les pro-Eduardo. Il y a des signes visibles d’une guerre de tranchées au sein du MPLA.

Révocation sans ménagement

A peine arrivé au pouvoir, Lourenco s’est signalé par un coup de purge au sein des postes stratégiques. C’est sans ménagement qu’il avait écarté Isabel dos Santos, la fille de son ancien mentor, de la présidence de la compagnie pétrolière nationale, la Sonangol. Son demi-frère « Zenu » lui a emboîté le pas peu après, remercié de la direction du fonds souverain du pays. Il a même été inculpé de fraude, selon AFP.

Si en public, José Eduardo dos Santos a semblé encaissé les coups lui administrés par son ancien homme de confiance, en coulisse, les choses semblent se passer autrement, affirment certaines sources proches du parti.

José Eduardo dos Santos qui devrait se retiré de la tête du parti en décembre 2018, a dans un discours repoussé l’échéance jusqu’à qu’avril 2019. Pour quelle raison a-t-il changé d’avis ? Personne ne sait. Serait-t-il en train de mijoter une autre stratégie ? La question reste entière.

Mais selon un membre de la direction du parti qui s’est confié à l’AFP, sa sortie a suscité à huis clos de vifs échanges entre sa garde rapprochée et les partisans du nouveau président, qui souhaitent que le congrès qui doit élire le nouveau patron du parti se tienne dès juin ou juillet.

Dans cette ambiance morose, les empoignades sont redoutées.