Du rififi au Rassemblement Kasa-Vubu : chaque camp appelle à la démission de l’autre

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Écrit par Pitshou Mulumba

La coalition des alliés de Tshisekedi (CAT) sous la houlette de Lisanga Bonganga appelle à la démission de Joseph Olenghankoy à la tête du CNSA. Auparavant, Tshibala a été désavoué par le Rassop-Kasa-Vubu qui exige sa démission comme Premier ministre. De son côté, Roger Lumbala, un autre acteur dans ce camp, ne s’est pas caché de lâcher Tshibala. Tout se redessine en fonction des intérêts.

En pensant que se détacher du bloc de Limete allait faire leur succès politique, les frondeurs du Rassemblement se sont mis le doigt dans l’œil. À force de vouloir s’affirmer les uns par rapport aux autres et de se méfier les uns des autres, les frondeurs d’hier se détruisent réciproquement aujourd’hui.

Joseph OlengaNkoy (G) et Lisanga Bonganga (D)

L’onde de choc du désamour enregistré entre Joseph Olenghankoy et Bruno Tshibala, se répercute et consacre à coup sûr la dislocation. Finalement chaque camp appelle à la démission de l’autre.

La CAT exige le départ de Joseph Olenghankoy

Dans une déclaration lue dimanche 1er avril à Kinshasa, la Coalition des Alliés d’Étienne Tshisekedi (CAT), plateforme créée par Lisanga Bonganga, s’est inscrite en faux contre « les dernières prises de position de Joseph Olenghankoy notamment sa demande faite au Premier ministre Bruno Tshibala de démissionner suite aux incidents de triste mémoire survenus à la Primature.

Au nom du Rassemblement Kasa-Vubu, « la CAT estime que pour toute question touchant au fonctionnement du CNSA et du gouvernement de la République, les deux signataires doivent au préalable se concerter avant toute prise de position, et ce, au tour de la personne de Bruno Tshibala, Premier ministre ». « La CAT est sidérée par les démarches perfides de Joseph Olenghankoy tendant à fragiliser et à solder le Groupe… Elle exige sa démission et son remplacement immédiat étant donné que son choix n’a jamais fait l’unanimité des autres acteurs majeurs de la scène politique congolaise notamment l’UDPS, l’UNC, le MLC…», note-t-on dans la déclaration.

Et pourtant, Olenghankoy et Lisanga Bonganga sont les seuls représentants du Rassemblement (dissident) qui ont répondu présents aux travaux d’adoption de l’Arrangement particulier à l’Accord de la Saint-Sylvestre.

Tshibala désavoué et appelé à rendre le tablier

Auparavant, ce sont ceux qui ont proposé Tshibala à la Primature qui l’ont lâché, le « Rassop-Kasa-Vubu ». Bruno Tshibala a été sommé depuis, mars dernier, de déposer, toutes affaires cessantes par voie de droit, sa démission. Griefs retenus contre lui : la gestion calamiteuse et hasardeuse de la Primature et du pays ainsi que la création d’une nouvelle plateforme politique.

Tout comme la position du Rassop-Kasa-Vubu, en solitaire en novembre dernier, Roger Lumbala, un autre acteur dans ce camp, s’était ouvertement déchargé sur son ancien compagnon.

Reçu dans une émission sur le plateau d’une chaîne de télévision à Kinshasa, Roger Lumbala avait déclaré que « le Premier ministre travaille pour sa famille et non pour les gens qui l’ont porté au pouvoir ». Pour lui, il n’y avait qu’une interprétation aux propos de Joseph Olenghankoy, estimant que Bruno Tshibala est manipulé : « Cela signifie que Bruno Tshibala n’a pas de personnalité ».

La nouvelle donne

À l’évidence, cette union des dissidents de la plateforme initiée par Étienne Tshisekedi, bénéficiaire de tous les postes du Rassop dans la configuration des institutions de la transition actuelles, tourne au vinaigre. Tout se redessine en fonction des intérêts et de la nouvelle donne qui semblent consacrer l’avantage politique en termes de légitimité dans l’opinion aux acteurs restés fidèles à Félix Tshisekedi à la tête du Rassemblement.

Comment mettre fin à ce vent qui gène considérablement les actions des uns et des autres portés à l’animation des institutions ? La question demeure. Entre-temps, chacun devra assumer devant la population les conséquences de ce qu’il fait.

Dans tous les cas, la polémique déclenchée est le cadet des soucis de cette population qui n’attend que les élections pour sanctionner et vivre l’alternance politique.

Auteur de l’article : ntambwe