Face à la communauté internationale, Kinshasa opte pour un discours souverainiste

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Écrit par Donatien Ngandu Mupompa

La RDC argue que la MONUSCO n’est pas appelée à rester éternellement dans ce pays, ne peut se substituer à la CENI, et les organismes qui ont initié unilatéralement la conférence de Genève ont violé les textes internationaux en la matière.

Hier mardi 3 avril, le vice-Premier ministre en charge des Affaires étrangères et Intégration régionale, Léonard She Okitundu, a tenu un point de presse au salon Rouge de ce ministère pour éclairer l’opinion sur les exigences du gouvernement congolais dans le cadre du renouvellement du mandat de la MONUSCO, l’appui de cette institution à la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016, et le refus de la RDC de participer à la Conférence humanitaire de Genève.

Le vice-premier ministre congolais des Affaires étrangères, L. She Okitundu

Clarifiant la position du gouvernement sur le cas de la MONUSCO, le vice-Premier ministre She Okitundua dit que sur la problématique principale du mandat de la MONUSCO, à savoir la lutte contre les groupes armés liée à la protection des civils, le gouvernement de la République aurait voulu que l’éradication de ces derniers soit la trame de la nouvelle résolution, en y attachant une importante toute particulière dans la mesure, où les groupes armés sont la menace principale aux populations civiles dont la protection est la quintessence de l’existence de la MONUSCO.

Il a souligné qu’en renouvelant le mandat de la MONUSCO et de sa brigade internationale, le Conseil de sécurité a tout de même consolidé le rôle offensif de la Brigade d’intervention, en n’excluant pas au besoin les autres forces de la composante de la force militaire de la MONUSCO en coordination avec les FARDC face aux groupes armés. Il a insisté : « Le gouvernement s’attend donc à une plus grande performance et force de frappe du partenariat entre la brigade d’intervention avec les FARDC avec des résultats palpables sur le terrain face aux groupes armés, principale menace face aux populations civiles ».

Quant à l’appui à la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016, il a fait remarquer que le mandat fournit un appui technique et logistique à la mise en œuvre de l’accord politique en offrant de bons offices. Les protagonistes de la mise en œuvre demeurent en premier lieu les parties prenantes elles-mêmes qui doivent agir consensuellement au sein du Conseil national de suivi de l’Accord.

La RDC, un pays souverain

S’agissant de la stratégie de retrait, il a souligné : « Même si la stratégie de sortie reprise dans la résolution précédente n’a pas été appliquée, le gouvernement salue la prise en compte en compte par les Conseil de sécurité de son exigence de l’adoption d’une stratégie de retrait de la mission, échelonnée, coordonnée et exhaustive en collaboration avec le Secrétaire général. Des discussions, à cet effet, dans le cadre du dialogue stratégique seront convoquées avec la MONUSCO pour établir un échéancier réaliste quant à ce dans les meilleurs délais ».

Expliquant pourquoi la RDC a décliné de participer à la Conférence humanitaire de Genève, il a évoqué le courrier transmis au secrétaire général des Nations u nies au nom du gouvernement congolais, où il lui a fait voir l’étonnement de la RDC, classée en L3 – catégorisation qui projette une image de catastrophe extrême et généralisée, assimilant la situation de la RDC à certains pays du monde où se déroulent des guerres à haute intensité engageant les armées des plusieurs pays, avec des bombardements massifs et récurrents depuis de nombreuses années accompagnés d’un effondrement d’Etat. Ce qui n’est absolument pas le cas en République démocratique du Congo, qui fait plutôt face à des attaques non conventionnelles et asymétriques des groupes terroristes et des groupes armés criminels.

Il a aussi relevé l’unilatéralité irrespectueuse de la souveraineté de notre pays par les organisateurs désirant mettre en pied la conférence, notamment dans « la problématique des données statistiques sur les personnes déplacées internes, du reste non conformes à la réalité sur le terrain.

Il a fini par dire : « J’ai cependant tenu à assurer que le gouvernement de la République démocratique du Congo, pleinement conscient de ses responsabilités pour faire pour faire face à ces enjeux humanitaires, restait ouvert dans le Cadre national de concertation humanitaire (CNCH), espace de dialogue entre les services étatiques et la Communauté humanitaire pour harmoniser des nouvelles orientations sur la situation humanitaire en RDC dans le strict respect des rôles et prérogatives de chaque partie, d’autant plus que la RDC va lancer son fonds humanitaire et son programme d’urgence ».