Processus de Kimberley : la RDC accompagne 22 pays producteurs artisanaux de diamant

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Écrit Bienvenu Ipan

Désignée depuis janvier, après l’Angola, la RDC est prête à accompagner 22 pays producteurs artisanaux et ceux qui pratiquent la production alluvionnaire de diamant dans la mise en œuvre des exigences minimales du processus de Kimberley. Le mercredi 04 mars, une feuille de route de mise en œuvre du plan d’activités 2018 a été rendue publique.

La République démocratique du Congo succède à l’Angola pour présider le Groupe de travail sur la production artisanale et alluvionnaire du processus de Kimberley. Ce, pour un mandat de trois ans renouvelable une fois suivant les dernières instructions du processus de Kimberley adoptées en 2013.

Diamant

Le groupe de travail est composé de 22 membres qui sont des pays qui produisent le diamant artisanal ou alluvionnaire. Ces pays sont regroupés autour de trois sous-groupes, à savoir le sous-groupe de l’Afrique de l’Ouest (Côte d’Ivoire, Guinée, Sierra-Leone, Liberia, Ghana, Mali et Togo) ; le sous-groupe de l’Afrique centrale (RDC, Angola, Congo, RCA, Gabon, Cameroun et Tanzanie) et australe (RSA, Lesotho, Namibie) et le sous-groupe de l’Amérique latine (Brésil, Venezuela et la Guyane française).

En dehors de ces pays, on a l’Union européenne (UE), les USA, la Chine, la fédération de Russie comme conseillers techniques dans la production artisanale des diamants. En dehors de ces pays, il y a des observateurs du processus de Kimberley que sont la Coalition de la Société civile, le Conseil mondial du diamant, la DDI, et la DPA.

« Le travail que nous devons faire, c’est d’accompagner les pays producteurs artisanaux et ceux qui pratiquent la production alluvionnaire de diamant dans la mise en œuvre des exigences minimales du processus de Kimberley. Nous devons les aider à trouver des solutions à tous ce qu’ils ont comme problèmes. Ce qui nécessite que nous devons travailler tous les jours avec eux pour identifier leurs problèmes et voire comment apporter des solutions », a déclaré, hier mercredi 4 avril, le président de ce groupe de travail, Maurice Miema.

Feuille de route

Il a, pour ce faire, rendu publique la feuille de route de la mise en œuvre du plan d’activités 2018 qui prévoit plusieurs activités, à savoir mener une analyse sur l’impact du diamant synthétique sur les activités du marché de diamant ; assurer la coopération régionale pour améliorer la mise en œuvre du processus de Kimberley ; l’amélioration de procédures de collecte et de gestion des données statistiques au niveau de sites miniers ; l’organisation (vers fin 2018 ou début 2019) d’un forum sur le diamant artisanal ; la formation des formateurs en évaluation des diamants ; la création de la Task Force nationale pour permettre de suivre les questions discutées au cours des réunions mensuelles d’évaluation ; la conception des modules appropriés de formations.

Dans ses différentes tâches, le président du groupe de travail sera assisté des experts issus de différents services techniques du ministère des Mines, à savoir le SAEMAC (deux experts, MM. Patrick Kitembo et Héritier Bovi), le CEEC (deux experts, M. Arsène Musilipu et Mme Marie Kangoy) et le cabinet du ministre des Mines (représenté par la Coserti, Mme Geneviève Kizekele) et le cadastre minier (représenté par Bellarmin Mwanza, assisté de Denis Shomari), le secrétariat général aux Mines (représenté par Albert Tshimanga, assisté de Paul Biya). Dans l’équipe, il y a aussi la DDI représenté par Alidor Mwamba.

Ce plan a été conçu sur demande de la présidence de l’UE qui a recommandé à chaque président du groupe de travail de concevoir un plan d’activités défendu, du 7 au 8 mars 2018 à New York. Les plans adoptés ont été coulés sous forme d’un plan général devenu par la suite le plan d’activités de la présidence de l’UE qui chapote tous les groupes de travail.

« En concevant ce plan dans le contexte, je me suis référé à deux documents important, en ce qui concerne l’amélioration du processus de Kimberley, à savoir la Déclaration de Moscou de 2005 et la Déclaration de Washington de 2012 et d’autres documents administratifs qui accompagnent ces deux documents (document de base de 2002). Parce qu’il s’agit de renforcer les contrôles internes qui ont comme sous-bassement la traçabilité », a indiqué Maurice Miema.

L’appui du CEEC au Groupe de travail

Il a fait constater que « malgré la production de ces documents, beaucoup reste à faire, notamment en ce qui concerne les exigences du marché avec les exigences des consommateurs finaux (détaillants, bijoutiers). Ce plan essaie de rencontrer ces préoccupations soulevées par les consommateurs finaux et communautés artisanales ».

Pour arriver à implémenter ce plan, il sollicite le concours des membres du processus de Kimberley, de bailleurs de fonds, et de toutes les personnes de bonne volonté qui ont de la passion pour la production et la commercialisation du diamant.

Se confiant à la presse, le directeur général du CEEC, Alexis Mikandji Penge, a souligné que « la présidence congolaise de ce groupe de travail n’est pas l’affaire du président désigné, mais c’est plutôt l’affaire du ministère des Mines et même de la République. Donc, la question de financement du fonctionnement de cette présidence est prise en charge par le ministère des Mines. Donc, nous ferons ce qui relève de nos obligations au regard de son plan afin que notre présidence soit une réussite ».

Le CEEC, a-t-il rappelé, a pour mission d’expertiser, évaluer et de certifier le diamant de production artisanale. D’où l’engagement du CEEC à accompagner ces producteurs artisanaux en les encadrant pour une meilleure commercialisation.

Le directeur général du CEEC a tout de même reconnu que« nos pierres synthétiques constituent une vraie menace pour nos économies ». Mais, a-t-il rassuré, dans son plan d’action, le président Maurice Miema promet de s’en occuper.