Gestion de 528 millions d’assistance humanitaire : Kinshasa veut avoir droit au chapitre

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Écrit par Le Potentiel

Kinshasa menace de tirer toutes « les conséquences » s’il n’est pas associé à la gestion des fonds collectés à Genève pour l’assistance humanitaire en République démocratique du Congo. Premier à boycotter et même à prédire l’échec de la conférence des donateurs, le pouvoir congolais ne se gêne pas aujourd’hui à faire des appels du pied pour qu’il participe à l’affectation de ces fonds mobilisés sans sa participation.La diplomatie congolaise est devenue illisible. Kinshasa, dans ses stratagèmes à ramer à contre-courant de la consolidation de la démocratie, s’est mis au dos toute la communauté internationale. Les nations civilisées et le peuple congolais n’entendent pas cautionner la forfaiture d’un pouvoir à vie que le régime en place à Kinshasa tente d’imposer dans le Grand Congo, en violation du pacte républicain issu de Sun-City et de la Constitution.

Le vice-premier ministre congolais des Affaires étrangères, L. She Okitundu

Les élections qui devraient avoir lieu en 2016 restent hypothétiques même en 2018 par la seule volonté de la majorité au pouvoir de vouloir tricher et changer les règles de jeu en plein processus électoral. Et, les dirigeants congolais tentent de mettre en œuvre ce projet machiavélique en usant des méthodes fortes, la répression de toute opposition. Ce qui amène à des violations massives des droits humains, mais aussi à la création des crises artificielles dans le but de retarder la tenue des élections.

Dans ce contexte, le gouvernement congolais n’œuvre plus pour l’intérêt supérieur de la nation, mais plutôt pour la conservation du pouvoir, par tous les moyens y compris les violations massives des droits humains. C’est dans ce cadre qu’il faut placer la crise politique artificielle qui sévit en RDC. De même, la persistance de l’insécurité dans toute la partie Est de la RDC ou encore l’apparition de nouvelles zones d’insécurité dans l’espace Kasaï, dans le Tanganyika, dans l’Ituri, procède de cette politique de la terre brûlée mise en place par les dirigeants congolais.

Autant dire que le drame humanitaire que connait la RDC est la conséquence de ce cynisme des sbires du régime qui veulent à tout prix mettre le feu dans le pays pour retarder les élections qui favoriseraient l’alternance démocratique du sommet à la base. Pire, étant les responsables des situations difficiles dans lesquelles vivent des millions de Congolais déplacés à la suite des conflits armés, les dirigeants congolais se sont même investis pour que la conférence de Genève, destinée à la mobilisation des fonds en vue de la crise humanitaire en RDC, puisse capoter.

Non seulement, les dirigeants congolais n’ont pas hésité à boycotter la participation à cette rencontre humanitaire, mais aussi ils ont découragé bien de pays qui voulaient prendre part à la conférence de Genève et contribuer à l’effort de l’assistance humanitaire, préconisant un échec de cette initiative.

Privilégier la souffrance des Congolais

Toutes les forces vives de la RDC, les partis d’opposition dans leur ensemble, l’église catholique, les ONG de défense des droits de l’homme, sont montées au créneau pour dénoncer la position du gouvernement congolais. Les Congolais ont en même temps encouragé tous les pays donateurs à participer à la conférence de Genève et à mobiliser suffisamment des fonds pour les déplacés, les réfugiés et autres victimes de l’insécurité et de la pauvreté. « Quand on a les mains vides, on ne refuse jamais l’aide des autres », a dit le cardinal Laurent Monsengwo, donnant un conseil au gouvernement congolais qui a refusé de participer à la conférence de Genève.

« La CENCO plaide pour que le soulagement de la souffrance du Peuple congolais soit mis au-dessus des revendications politiques que peuvent avoir les uns et les autres », note le communiqué des évêques publié le 13 avril pendant la conférence de Genève. Personne ne peut comprendre qu’un gouvernement plaide en défaveur de son propre peuple. En l’occurrence, le ministre des Affaires étrangères, Léonard Sh Okitundu a mené une campagne contre la conférence de Genève. Le chef de la diplomatie congolais ira jusqu’à menacer toutes les ONG qui prendraient l’argent de la Belgique de se voir interdire de travailler en RDC.

Contre vents et marrées, cette conférence a pu réunir jusqu’à 528 millions USD de promesse d’aide en faveur de la RDC. Sans doute une bonne nouvelle pour les personnes visées par cette aide. Au même moment, le même gouvernement congolais veut être associé à la gestion de ces fonds. « Les fonds ont été mobilisés. Maintenant, on doit associer le gouvernement de la RDC pour actionner cette aide. Sinon, nous allons tirer les conséquences », a soutenu She Okitundu sur Actalite.cd. C’est la preuve que la politique du gouvernement congolais est illisible.

Que veut exactement le gouvernement congolais ? Hier, il fait campagne contre la mobilisation des fonds sans sa participation. Aujourd’hui, il veut être associé à la gestion des fonds des donateurs étrangers. Entretemps, l’État congolais lui-même ne pense mobiliser que 100 millions USD sur 24 mois, soit à peine 4,1 millions USD par mois pour les défis humanitaires en RDC.