Le projet « Bongo te, Tika! » met en place un outil de vulgarisation contre les violences basées sur le Genre  

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Ecrit par Stanislas Ntambwe

La première phase du projet « Bongo te, tika » (« Pas comme ça, laisse!» en lingala) a touché à sa fin et les résultats sont plus que satisfaisants, selon le comité de pilotage qui s’est confié à la presse, le mercredi 3 mai 2018 à Kinshasa.

La particularité du projet Bongo te, Tika se situe dans sa méthodologie, notamment dans l’approche co-constructive consistant à donner la parole aux populations pour ensuite concevoir de leurs témoignages une pièce de théâtre qui leur est destinée. Cette méthodologie dite « La Grande Cueillette des Mots » représente un espace rassembleur pour les citoyennes et citoyens, qui sont invités à plonger dans l’écriture dramatique à plusieurs centaines de mains.

De gauche à droite: R. Mbuyi, Directeur Province Ouest chez OXFAM, N. Fimard, Ambassadeur du Canada en RDC et Thérèse Olenga, Ministre provincial du Genre de Kinshasa

En unissant les artistes et les citoyens, ce projet illustre toute la pertinence et la force de l’art social dans le développement. Ce processus innovant a notamment été éprouvé et mis en œuvre en Haïti et au Lac Mégantic, au Canada. Il est reconnu dans le domaine de l’intervention psychosociale comme un moyen de prise de parole efficace, notamment en lien avec des traumatismes.

Cette pièce de théâtre, lancée en février 2018 à Kinshasa, constitue dorénavant un outil de plaidoyer et de vulgarisation des messages contre les violences basées sur le Genre en RDC. La pièce vise, entre autres, la sensibilisation de la population aux enjeux liés aux violences faites aux femmes et aux filles afin de favoriser de meilleures prises de conscience et de décisions pour éradiquer les violences.

Les grands moments du projet

Tout au long du parcours, le projet a été marqué par des temps forts comme « La Grande Cueillette des Mots ». Cette phase a permis à 810 personnes (600 femmes et 210 hommes) de prendre part aux ateliers d’écriture qui ont été des moments de collecte d’informations et de sensibilisation. Sous la gouverne du Réseau des femmes chrétiennes du Congo (RFCC), six réunions du comité de pilotage ont eu lieu, regroupant notamment l’ambassadeur du Canada en RDC, la ministre provinciale du Genre de Kinshasa, la PNC, l’UNESCO; l’ONU-Femmes; FNUAP; CAFCO; l’Eglise catholique; Oxfam et le Théâtre des Petites Lanternes (TPL).

Il y a eu ensuite des échanges d’expériences Sud-Nord, sanctionnés par le voyage des artistes congolais au Canada. Ces derniers ont été accueillis par le TPL au Centre des arts de la scène Jean-Besré, à Sherbrooke. Ensemble, ils ont fait leur préparation artistique, bénéficiant ainsi des installations et des expériences canadiennes.

Pendant la phase de diffusion de la pièce, près de 80 spectacles ont été produits entre février et avril 2018, principalement dans des places publiques, églises, institutions académiques (écoles, universités, centres de formation, …) dans plus de quatre communes de la ville de Kinshasa.

Par ailleurs, tous les membres du comité de pilotage se sont dit « satisfaits » de résultats obtenus à ce jour et ont émis le vœu de voir « Bongo Au moins ». 32 000 personnes ont assisté à la pièce qui, à leur tour, ont pu impacter et sensibiliser près de 96,000 personnes dans leur entourage immédiat. Grâce à un appui technique et financier du gouvernement du Canada (Affaires Mondiales Canada) et de l’ONG OXFAM, les membres du RFCC ont vu leurs capacités être renforcées.