Mise à l’écart

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Écrit par Le Potentiel

On en doutait, ce qui devrait arriver, arrive. Les Congolais de la diaspora ne seront certainement pas enrôlés. La Commission électorale nationale indépendante (Céni) évoque déjà des difficultés d’ordre technique et logistique. Mais la question fait également débat au Parlement : faut-il enrôler uniquement là où il y a de grandes concentrations des Congolais ou, carrément, modifier la loi électorale pour sursoir à cette opération.

En effet, le chiffre est éloquent : plus de 5 millions de Congolais vivant à l’étranger courent le risque d’être écartés du processus électoral. Au fur et à mesure qu’on avance, la thèse se confirme. À la Céni, on estime « techniquement impossible » de regrouper et enrôler, en un temps record, cette importante tranche de Congolais disséminés à travers le monde. Faut-il enrôler seulement ceux de grandes villes comme Paris et Bruxelles, en laissant ceux de Bangladesh ou Singapour, par exemple ? Certains députés crient à la « discrimination » si jamais la loi électorale ne serait pas modifiée pour ce faire.

Machine à voter de la Céni

Mais qui a intérêt à ce que les compatriotes qui habitent hors des frontières nationales ne participent pas au scrutin présidentiel de décembre 2018 ? Ce qui est certain, c’est que les services du gouvernement se sont empressés de réagir, en minimisant l’effectif de 5 millions, arguant que la plupart d’entre eux ont déjà acquis d’autres nationalités. Soit.

Le plus étonnant, c’est le comportement de la Céni elle-même. Alors qu’elle avait programmé cette opération au mois de juillet prochain, la Centrale électorale, qui est un organe technique, semble n’avoir pas perçu à temps l’« impossibilité technique » qu’elle évoque présentement. N’avait-elle pas tous les paramètres de son calendrier ?

Dans tous les cas, d’aucuns craignent que ce feuilleton des Congolais de l’étranger soit un énième alibi qui accompagne le régime en place vers un autre glissement.

Au finish, c’est plus de cinq millions d’électeurs qui seront sacrifiés sur l’autel de l’irresponsabilité de la Céni. Cette dernière, on le sait, joue au Ponce Pilate. Au Parlement de lever une option responsable. Sinon…

 

Auteur de l’article : ntambwe