Restriction des libertés : Le gouvernement initie des décrets liberticides

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Écrit par Le Potentiel

La majorité au pouvoir a juré de sauvegarder à tout prix le siège  de son autorité morale. Soit elle gagne les prochains scrutins, avec l’aide de sa machine à tricher, soit elle les envoie aux calendes grecques. Un état-major restreint travaille sur le projet. La MP cherche à affaiblir tous ceux qui pourraient contrecarrer son projet, notamment, Moïse Katumbi, l’église catholique, les Ongs pro-opposition. Quatre projets de loi jugés par d’aucuns de « liberticides » sont en voie d’être finalisés par le gouvernement pour quadriller davantage l’espace politique.  

La Majorité présidentielle (MP) n’est pas prête à aller aux élections sans son autorité morale. Elle continue de croire en la capacité de Joseph Kabila à rebondir en vue d’une candidature à la prochaine présidentielle.

Si dans l’entourage du chef de l’Etat, on s’évertue à balayer d’un revers de la main cette éventualité, faisant part d’une simple rumeur destinée juste à alimenter la chronique, en interne, la MP y travaille intensément. Un groupe restreint d’experts a été chargé d’élaborer un projet en vue de l’assaut final. La machine est déjà sur la rampe de lancement.

Kabila et sa Majorite présidentielle

Pour le moment, la MP prépare juste le terrain, lançant quelque fois des ballons d’essai pour tester la réaction de l’opinion publique. C’est le cas du pamphlet lancé dernièrement par Jean-Cyprus Mirindi, chercheur à la faculté de droit de l’Université de Kinshasa, qui évoquait récemment la possibilité pour le président Kabila de prétendre à un 3ème mandat. Sans surprise, la MP s’en est saisie, en faisant croire qu’il s’agirait d’un débat scientifique. En fins stratèges, les experts de la MP n’attendent plus que le moment propice pour rabattre cette carte.

Cependant, la MP sait qu’elle ne peut pas se lancer sur ce terrain – hautement glissant – sans un travail préalable de déblayage. Il s’agit pour l’essentiel d’affaiblir tous ceux qui peuvent, par leurs actes ou agissements, faire obstruction à son projet d’une candidature de son autorité morale à la prochaine présidentielle.

Une stratégie a d’ores et déjà été mise en place. En toute vraisemblance, elle devrait être actionnée au niveau du Parlement par l’adoption d’une série de lois – soit quatre au total – destinées à réduire au silence toute voix discordante.

Étouffer la contestation

La Libre Belgique en fait part sur son site Internet. « Il n’y a pas de fumée sans feu », renseigne un vieil adage populaire.

La MP ne veut pas d’élections à la fin de cette année. Elle se prépare plutôt à autre chose. Les quatre projets de loi que le gouvernement prépare dont fait mention le journal belge ciblent une catégorie bien déterminée de l’opinion publique.

Le premier projet a trait à la lutte contre le terrorisme. A ce titre, le Comité laïc de coordination (CLC), qui vient de rompre sa trêve depuis le 1er mai, est spécialement visée. Le deuxième cherche à restreindre le champ d’action des Ongs réputées proches de l’opposition ou de l’Occident. Pressentant de nouvelles tensions dans les jours à venir, le troisième texte durcit les conditions d’autorisation des manifestations, restreignant dans la mesure du possible les libertés publiques. Le quatrième a pour cible désignée les confessions religieuses, associées à différentes manifestations publiques. Le projet menace de les interdire d’activités en RDC. Dans le viseur, il y a sans doute l’église catholique.

Autant dire que la majorité au pouvoir se prépare au pire. Les élections ne sont pas à son ordre du jour. Elle est déterminée à quadriller l’espace politique. Première étape : neutraliser tous ceux qui peuvent se mettre en travers de son projet.