Égypte : la Ligue arabe appelle à une enquête internationale sur les violences de Gaza

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À l’initiative de l’Arabie Saoudite, les ministres arabes des Affaires étrangères de la Ligue arabe se sont réunis, le 17 mai au Caire (Égypte), dans le cadre d’une conférence extraordinaire. Dans leur déclaration finale, ces diplomates ont demandé au Conseil de sécurité de l’ONU de mener une « enquête internationale » sur les derniers événements de Gaza.

Un palestinien blessé par des tirs israéliens est évacué par d’autres manifestants le 14 mai 2018. Photo: Libération/Afp

Écrit par Stanislas Ntambwe

Dans un communiqué conjoint, les chefs de la diplomatie arabe ont rejeté jeudi, la décision des États-Unis d’Amérique de transférer son ambassade à Jérusalem (Israël). Ils ont aussi, par la même occasion, condamné les violences israéliennes perpétrées contre les Palestiniens, estimant que transférer l’ambassade américaine à Jérusalem était « irresponsable » et de nature à provoquer une escalade de la tension et de la violence dans la région.

Selon les diplomates de la Ligue arabe, les tirs israéliens contre les manifestants palestiniens constitueraient une sorte de « boucherie criminelle ». En outre, ils ont recommandé au secrétariat général de la Ligue arabe d’élaborer un « plan stratégique » pour empêcher d’autres États de succomber à la tentation de transférer leur ambassade ainsi que d’œuvrer pour constituer une commission d’enquête indépendante sur les violences israéliennes.

Nécessité d’une enquête internationale

À ce sujet, le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit a, à l’ouverture de la conférence jeudi, appelé à «une enquête internationale» sur ce qu’il a qualifié de «crimes» des forces israéliennes dans la bande de Gaza. La Ligue arabe a ainsi deux semaines pour élaborer leur « plan stratégique ». Toutefois, la rupture des relations diplomatiques n’est pas évoquée mais, les Arabes ont renouvelé leur attachement au processus de paix.

À propos des violences qui endeuillent la Palestine, l’Afrique du Sud a été le premier pays à les condamner. Pour exprimer son mécontentement, Pretoria a, en raison du « caractère grave et aveugle » de l’attaque israélienne contre les palestiniens, rappelé dans l’immédiat son ambassadeur en Israël. Ce, après la mort, lundi 14 mai de plus de 50 palestiniens à Gaza, dont 8 enfants, et plus de 2 400 blessés par l’armée israélienne.

Le Togo seul contre tous

Lors du vote des Nations unies condamnant la reconnaissance, par Washington de Jérusalem comme capitale d’Israël, la majorité des pays africains avaient associé leur voix à cette condamnation. Mais, le Togo avait été le seul pays africain à soutenir Washington. Huit autres pays du continent s’étaient abstenus, principalement des alliés des États-Unis comme le Soudan du Sud, le Rwanda, l’Ouganda.

Il sied de rappeler que le président américain, Donald Trump avait menacé de couper les fonds aux pays tentés de condamner la décision américaine, dénonçant « ceux qui prennent notre argent et ensuite votent contre nous au Conseil de sécurité ».

Seule une enquête internationale d’une commission du Conseil de sécurité des Nations Unies peut établir les responsabilités de ces violences qui sont associées à un crime humanitaire. Mais, la tâche est loin d’être facile pour l’Onu, dans la mesure où la contribution des États-Unis à cette Institution est tellement importante que la position de Washington impacte sur toute décision du Conseil de sécurité.

Ouverture « exceptionnelle » de la frontière Égypte-Gaza

Le président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, a annoncé jeudi 17 mai sur sa page Facebook, l’ouverture« exceptionnelle » de la frontière égyptienne avec la bande de Gaza pendant tout le mois de ramadan. Abdel Fattah Al-Sissia indiqué que, cette décision avait été prise « pour alléger les souffrances » des 2 millions d’habitants de l’enclave palestinienne, quatre jours après des manifestations durant lesquelles 60 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne à la barrière entre Israël et la bande de Gaza.

Le terminal de Rafah, frontalier de l’Égypte, est la seule ouverture de la bande de Gaza dans le monde qui ne soit pas contrôlée par Israël et impose un sévère blocus à l’enclave palestinienne depuis plus de dix ans. L’Égypte l’a fermé ces dernières années, invoquant des menaces pour la sécurité du pays.