La BAD promet d’injecter 35 milliards Usd sur 10 ans pour l’industrialisation de l’Afrique

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Le président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina, croit en la capacité de l’Afrique à se relever pour s’engager résolument dans la voie de développement. La BAD, promet-il, est prête à accompagner le continent noir à réaliser ce rêve. A Busan (Corée du Sud), où se tiennent jusqu’au 25 mai les assemblées annuelles, le président de la BAD espère fédérer toute l’Afrique autour du processus d’industrialisation. En dix ans, 35 milliards Usd seront consacrés à ce projet, a annoncé Akinwumi Adesina.

Au cours d’une conférence de presse, le président de la BAD), Akinwumi Adesina, a déclaré que « l’Afrique ne doit pas être le musée de la pauvreté ». Photo: BAD.

Écrit par Faustin K. (Depuis Busan/Corée du Sud)

Devant les journalistes accrédités aux Assemblées annuelles 2018 de la Banque africaine de développement (BAD), prévues du 21 au 25 mai dans la ville sud-coréenne de Busan, qu’il a rencontrés lundi matin au Paradise Hotel, le président de la BAD a réitéré le vœu accélérer son processus d’industrialisation par la communion de ses efforts. « Aidez-nous à véhiculer le message de cette Afrique qui avance », a-t-il lancé aux professionnels des médias, les invitant à partager son optimisme.

Aussi, après les 24 milliards Usd d’investissements sur 10 ans en faveur de l’agriculture promis en 2017, en marge des assemblées annuelles organisées en Inde, Akinwumi Adesina est-il revenu, hier lundi à Busan, sur la promesse de faire de même pour accélérer l’industrialisation de l’Afrique. Un portefeuille de 35 milliards Usd est prévu sur dix ans au niveau de la BAD, en raison de 3,5 milliards Usd par an, pour aider les pays africains à mettre en place une politique d’industrialisation inclusive, tournée vers la réduction de la pauvreté.

Quatre contraintes à surmonter

Mais, dans le nouveau challenge que se fixe la Banque africaine de développement, le président Adesina a ciblé quatre étapes majeures à franchir. Si l’industrialisation est le passage obligé pour envisager un avenir meilleur pour l’Afrique, il note que la voie pour y parvenir passe par une réelle volonté politique des dirigeants africains, un effort d’amélioration des infrastructures, un investissement accru dans le capital et un accompagnement conséquent des pouvoirs publics dans la promotion du secteur privé.

Dans la conférence inaugurale qu’il a animée, lundi au Centre de conférences internationales de Busan (Bexco), le président de la BAD a exclu l’idée de faire du copier-coller dans la mise en œuvre de la stratégie d’industrialisation de l’Afrique. Il prône plutôt le « learning by doing », autrement dit « copier en apprenant », pour que l’Afrique parvienne à créer son propre modèle d’industrialisation.

D’ores et déjà, il dit avoir noté des signes prometteurs dans la volonté de l’Afrique à aller de l’avant. Il prend pour référence des efforts considérables que les pays africains ont consentis en termes d’amélioration du climat des affaires, comme le révèlent les différents rapports Doing Business publiés chaque année par la Banque mondiale.

L’Afrique doit mettre tout en œuvre pour tirer sa part dans la quatrième révolution industrielle qui est celle du numérique. Ce qui implique, pense-t-il, un effort accru dans la revalorisation du capital humain.

A la BAD, on y travaille déjà. Un programme spécifique, intitulé « Zone d’amélioration des compétences », vise à orienter l’enseignement universitaire vers des domaines innovants, tels que l’ingénierie artificielle ainsi que les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Parallèlement, un autre programme, dit « Zone de transformation des produits alimentaires », devrait permettre aux pays africains d’investir dans l’agro-industrie pour améliorer la valeur ajoutée des produits. Avec ses 65% des terres arables non encore exploitées, le président de la BAD croit que l’Afrique a toutes les chances de réussir son industrialisation en mettant en œuvre ses fortes potentialités agricoles.

La jeunesse : force et bombe à retardement

Jusqu’au vendredi 25 mai, date de clôture des assemblées annuelles 2018 de la BAD, c’est le discours qu’Akinwumi Adesina promet de transmettre aux 4 000 délégués présents à Busan.

« Le peuple africain est fatigué d’être pauvre. L’Afrique ne peut pas continuer à être le musée de la pauvreté. Il faut aujourd’hui une Afrique qui marche par une industrialisation inclusive », a-t-il déclaré. Il y a urgence, dit-il. Car, les estimations les plus probables indiquent qu’en 2050, l’Afrique aura 500 millions de jeunes. « Il n’existe pas d’autre solution réaliste que l’industrialisation : la population africaine est le plus jeune du monde, et nos jeunes ont besoin de millions d’emplois. (…) Une base industrielle dynamique est donc essentielle pour la jeune population croissante en Afrique ».

A Busan, la BAD espère créer une synergie au niveau continental pour un nouveau départ dans l’effort d’industrialisation de l’Afrique. Dans tous les cas, la BAD peut déjà compter sur l’accompagnement de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi) avec qui elle a signé lundi à Busan un accord de coopération.

Auteur de l’article : ntambwe