Akinwumi Adesina : « Accélérer l’industrialisation de l’Afrique, c’est notre cause commune »

Partager
  • 2
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
    2
    Partages

Le président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina, croit en sa vision d’un développement de l’Afrique par le « Top 5 ». L’industrialisation de l’Afrique ne relève pas de l’utopie. Dans ce nouveau challenge, il peut compter sur le soutien de la Banque mondiale, représentée à l’ouverture officielle mercredi à Busan (Corée du Sud) des assemblées annuelles de la BAD par son président, Jim Yong Kim.

Le président de la BAD, Akinwumi Adesina

Faustin K. (Depuis Busan/Corée du Sud)

La Banque africaine de développement n’a certes pas de moyens. Elle ne peut pas non plus se substituer aux Etats. Mais, elle a une vision. C’est celle d’accompagner l’industrialisation de l’Afrique pour permettre au continent noir et au peuple africain de jouir pleinement des potentialités de son sol et de son sous-sol.

A Busan, deuxième ville de la Corée du Sud, où se clôturent demain vendredi 25 mai les assemblées annuelles de la BAD, plus de 4 000 délégués réfléchissent sur la problématique de l’industrialisation de l’Afrique.

A la Banque africaine de développement, son président, Akinwumi Adesina, croit en sa capacité d’accompagner l’Afrique dans ce challenge. Il a placé toute sa conviction dans le « Top 5 » ; ce plan en cinq phases qui circonscrit tout son mandat.

Hier mercredi, c’était l’ouverture officielle à l’auditorium de Bexco (centre des conférences internationales de Busan) de l’édition 2018 des assemblées annuelles de la BAD. Placer sous le thème de l’accélération de l’industrialisation de l’Afrique, deux pays africains qui excellent dans ce domaine étaient à l’honneur, représentés chacun par son Premier ministre. Il s’agissait du Rwanda et du Maroc.

Pour communier avec cette Afrique qui croit en son avenir, le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, a fait exceptionnellement le déplacement de la 2è ville sud-coréenne. Un fait qui n’a pas laissé indifférent le président Adesina de la BAD.

 

I/t Adesina, un homme de conviction

Dans tous les cas, la cérémonie d’ouverture des assemblées annuelles de la BAD a une fois plus étalé toute la détermination du président Adesina d’imprimer sa marque dans cette institution africaine de développement. Son collègue Jim Yong Kim de la Banque mondiale lui a reconnu cette qualité. « Le président Adesina, c’est quelqu’un qui croit en l’Afrique », lui a-t-il lancé dans le panel qu’ils ont animé aux côtés des Premiers ministres du Maroc et du Rwanda.

Le président Adesina est ambitieux. Et il n’hésite pas à le prouver. Depuis sa prise des fonctions en 2015, la BAD bouge – dans le bon sens d’ailleurs. En effet, les chiffres parlent d’eux-mêmes.

L’année dernière, la Banque africaine de développement a réalisé ce qui suit : « 4,4 millions de personnes ont bénéficié de connexion électrique ; 8,5 millions de personnes ont bénéficié d’amélioration dans l’agriculture ; 14 millions de personnes ont bénéficié d’un meilleur accès aux transports ; 8,3 millions de personnes ont bénéficié d’un accès amélioré à l’eau et à l’assainissement ; 210 000 entreprises ont eu un accès au financement ».

Mais, avec plus de ressources, il pense que la BAD peut faire plus, notamment « amener 31,5 millions de personnes à accéder à l’électricité ; 45,8 millions de personnes à bénéficier d’une agriculture améliorée ; 50,3 millions à avoir un meilleur accès aux transports ; et 36,8 millions à un meilleur accès à l’eau et à l’assainissement ».

Aussi, plaide-t-il en faveur de l’augmentation du capital de la Banque. « C’est pourquoi la Banque vous demande, à vous actionnaires, une augmentation du capital. Une banque plus forte, une banque mieux capitalisée, combinée au soutien de nos actionnaires, de nos gouverneurs, de nos administrateurs et de notre personnel enthousiaste, fera de l’Afrique ce que nous voulons ».

Même s’il n’en est pas encore le cas – le temps que les Etats actionnaires de la Banque se décident de l’augmentation du capital – le président de la BAD s’est d’ores et déjà inscrit dans une logique. « La Banque africaine de développement – votre Banque – accepte le défi d’accélérer le développement de l’Afrique! Ce n’est pas ma cause. Ce n’est même pas la cause de la Banque africaine de développement. C’est notre cause commune. C’est sur le rêve de l’Afrique qui se résume en deux mots : espoir et aspiration ». Et de renchérir : « Avec votre soutien, nous accomplirons la mission d’industrialiser l’Afrique; d’éclairer l’Afrique ;  de nourrir l’Afrique; d’intégrer l’Afrique; et d’améliorer la qualité de vie des peuples d’Afrique – notre Top 5 ».

De leur côté, la Corée du Sud, représentée par Dong Yeon Kim, son vice-Premier ministre et ministre de la Stratégie et des Finances ainsi que la Banque mondiale sont prêts à accompagner l’Afrique dans ce nouveau challenge.

 

I/t L’Afrique peut compter sur la Corée du Sud

Entre l’Afrique et la Corée du Sud, il y a un partenariat qui s’est déjà mis en place. Le gouvernement de la Corée et la Banque africaine de développement ont signé, mardi à Busan, une lettre d’intention en vue du lancement du Fonds d’investissement en énergie Corée-Afrique (FIE). Devant fournir un appui significatif au New Deal pour l’énergie en Afrique, ce Fonds a pour objectif d’assurer l’accès universel à l’énergie sur le continent.

La signature du document a eu lieu le mardi 22 mai 2018 au cours de la réunion de la Coopération économique Corée-Afrique (KOAFEC), en marge des assemblées annuelles de la BAD. C’est lors de la Conférence ministérielle du KOAFEC de 2016 qu’il a été reconnu qu’un meilleur accès à l’énergie est un facteur stratégique dans la modernisation et la transformation des économies africaines. Le Fonds contribuera aux efforts déployés par l’Afrique pour parvenir à l’accès universel à l’énergie et pour transformer ses systèmes énergétiques.

Dans le cadre de cette Facilité, la Banque prendra la direction de l’élaboration de projets de développement en étroite consultation avec les pays membres régionaux. La Corée se tient prête à mettre à disposition un montant de 600 millions de dollars EU pendant une période de cinq ans sous forme de financements concessionnels et non concessionnels pour diverses opérations énergétiques, notamment la fourniture d’électricité aux foyers, aux écoles, aux hôpitaux, à l’agriculture et aux industries. Par ailleurs, le Fonds appuiera l’intégralité des activités y relatives – préparation, construction et opérations – grâce à un mix financement-assistance technique.

La Corée a également signé un protocole d’entente avec Power Africa au cours de la même rencontre, soulignant ainsi son intention d’appuyer le secteur de l’énergie africaine, notamment les infrastructures pour les lignes de transport d’électricité. La Banque africaine de développement est un partenaire fondateur de l’initiative Power Africa, dirigée par les États-Unis, et elle a l’intention de travailler en étroite collaboration avec la Corée et cette initiative.

Auteur de l’article : ntambwe