Après le meurtre de Rossy Mukendi Tshimanga, certains de ses amis payent le prix

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Des proches de Rossy Mukendi, l’activiste pro-démocratie tué par la Police nationale congolaise à Kinshasa vivent le calvaire. Ils sont tous traqués par le régime pour des raisons non encore élucidées. Craignant pour leur sécurité, certains vivent en clandestinité.

A l’instar du frère biologique de l’activiste pro-démocratie qui a résolu de vivre en clandestinité, d’autres proches du défunt tel que Mulamba Mangala, un des proches de l’activiste Rossy Mukendi vivant en europe ne font plus signe de vie depuis quelques temps. Pour d’autres, Mulamba Mangala aurait subi des menaces de la part du pouvoir en place. Tous ses contacts téléphoniques sont répertoriés par la Police. On lui accuse d’être en communication avec Rossy Mukendi de son vivant depuis l’Europe où il vit.

Montage des images de l’assassinat et actions de Rossy Mukendi

« Depuis quelques temps, notre frère subit des pressions graves de la part du pouvoir en place, simplement pour avoir été en communication avec Rossy Mukendi de son vivant.  Il ne fait plus signe de vie. Même son téléphone ne sonne plus. Aux dernières nouvelles, ses relevés téléphoniques seraient entre les mains de la Police. Nous ne comprenons pas pourquoi le pouvoir s’acharne sur tous les proches de cet activiste pro-démocratie », s’est inquiété un membre de famille de Mulamba Mangala.

La troisième marche du Comité laïc de coordination contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila a pris une tournure tragique, dimanche 25 février 2018, dans la paroisse Saint-Benoît, où Rossy Mukendi Tshimanga (35 ans) a été tué par la police.

Ce jour-là, plusieurs dizaines de fidèles s’apprêtaient à défiler pacifiquement aux abords de la paroisse Saint-Benoît, dans la commune de Lemba. Vers 10h, les forces de sécurité font irruption devant la grille de la bâtisse. Des tirs de gaz lacrymogène fusent aussitôt dans la foule, qui fuit pour se mettre à l’abri. La scène – visible sur une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux – dure une poignée de secondes.

Sur le sol, un jeune homme hurle de douleur et implore de l’aide, en tendant le bras au ciel. Rossy Mukendi Tshimanga vient d’être fauché par au moins une balle, qui l’a atteint sur le flanc de la poitrine.

Après l’avoir traîné à l’abri, on lui appose un chiffon pour stopper vainement l’hémorragie. Son frère et quelques badauds improvisent une civière pour le transporter dans un centre de santé. Ils ne veulent pas le confier aux « soins » des forces de l’ordre.

Mais le centre de santé est vide, ce dimanche matin. Et rebelote dans un deuxième, puis dans un troisième centre. Le désespoir commence à gagner le groupe, lorsqu’apparaît enfin une voiture. « J’ai supplié en pleurant, demandant à son propriétaire de nous aider, moi et trois autres amis. Il a finalement accepté », explique le frère de Rossy Mukendi.

Après quelques hésitations, décision est prise d’emmener Rossy à l’hôpital Saint-Joseph, à quelques kilomètres de la paroisse Saint-Benoît. « Sur le trajet, il ne cessait de prier, raconte Arsène Tshimanga. À un moment donné, il m’a imploré de prendre soin de ses deux enfants. Ce sont les derniers mots que j’ai entendu de mon frère », ajoute-t-il.