Le doute persiste

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Les experts de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ont conclu leur audit du fichier électoral, le vendredi 25 mai 2018. Malgré le satisfecit de l’OIF sur cette opération de fiabilisation du fichier électoral, les résultats de ces enquêtes font froid au dos. 16,6% d’électeurs, soit plus de 6 millions d’enrôlés, n’ont pas d’empreintes digitales dans le serveur de la Commission électorale nationale indépendante.

Machine à voter de la Céni

Et, le verdict de l’OIF va dans le sens de relativiser : « Mais cela ne remet pas pour autant en cause, conformément à la loi (congolaise), leur qualité d’électeur ». Autrement dit, ces enrôlés, dont il n’y a aucune trace d’empreinte à la Céni, ont pleinement droit de voter aux prochaines élections comme tous les autres électeurs en ordre. Soit !

Ce n’est pas tout. Les experts de l’OIF n’ont pas non plus trouvé des traces de 2,3% de cartes d’électeurs vierges non utilisées, soit près de 900 000 cartes introuvables. Dire que ce même fichier électoral était déjà pollué de plus de 6 millions de doublons et de 900 000 enrôlés mineurs. Ça fait trop tout de même.

Il est étonnant que la République démocratique du Congo, qui en est à son troisième cycle électoral, commette ce genre de fautes dans un fichier électoral, élément central de la crédibilité d’un scrutin.

Toutes ces révélations donnent raison, finalement, à l’Opposition qui doutait de la fiabilité du fichier électoral de la Céni. Le fait que la Céni n’ait pas signalé l’existence de plus de 6 millions d’enrôlés sans empreintes digitales, encore moins la disparition de près de 900 000 cartes vierges,  jette tout de même un doute sur la crédibilité de la Centrale électorale pilotée par Corneille Nangaa à organiser des élections transparentes.

Le doute persiste donc quant à la crédibilité des dirigeants de cette institution qui a pourtant la lourde mission de décider de l’alternance au sommet de l’État.