Non au 3ème mandat de Kabila : la Cenco mobilise

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Parrain de l’Accord politique du 31 décembre 2016 qui balise le chemin pour des élections libres et transparentes, la Cenco  ne lâche pas prise et milite jusqu’au bout pour la mise en œuvre intégrale de ce compromis politique de dernière chance.  Pour l’abbé Donatien Nshole, son secrétaire général, un probable 3ème mandat du président Kabila est exclu, tout comme une éventuelle révision de la Constitution. Malgré l’agitation de la MP, le prêtre est formel : « Soutenir un troisième mandat de Kabila, c’est insensé ! » Il l’a redit haut et fort dans un entretien avec Jeune Afrique.

CAR 7333/Kash Thembo

Ecrit Le Potentiel

Dans la voie qui mène à l’alternance démocratique, le peuple congolais peut compter sur l’accompagnement de la Cenco. Autorité morale de l’accord politique du 31 décembre 2016, la Cenco s’en tient toujours à sa mise en œuvre intégrale qu’elle considère, à juste titre d’ailleurs, comme la seule feuille de route pour des élections apaisées.

Pour marquer son implication dans l’application de cet accord, la Cenco s’est lancée dans une vaste campagne de sensibilisation autour de deux thèmes principaux, à savoir une ferme opposition à un éventuel 3ème mandat du président Joseph Kabila et le rejet total d’une quelconque révision constitutionnelle pour faire sauter le verrou de l’article 220 qui limite le mandat présidentiel.

A Kinshasa, la campagne de la Cenco s’est heurtée à certains zélés de la majorité au pouvoir, à l’instar du bourgmestre de la Gombe. Brûlant tous les usages diplomatiques, ce dernier est allé jusqu’à détacher les banderoles placées au Centre interdiocésain. La Cenco n’a pas pour autant baissé les bras. Parrain de l’accord du 31 décembre 2016, la Cenco est déterminée à aller jusqu’au bout. Ce qu’a redit, dans une interview à Jeune Afrique, son secrétaire général, l’abbé Donatien Nshole.

Et lorsque la majorité présidentielle rêve d’imposer un troisième mandat du président Kabila, en flagrante violation de la Constitution, l’abbé Nshole, avec toute la Cenco, reste de marbre : « Soutenir un troisième mandat de Kabila, c’est insensé ! ».

 

Six mois de grandes manœuvres

Le message de la Cenco trouve du répondant dans une large partie de l’opinion congolaise. Il s’agit de 176 Organisations de la Société civile et  du célèbre Comité laïc de coordination. Cette structure de l’Eglise catholique se dit prête à reprendre ses actions de rue pour barrer la route à l’imposture qui se prépare dans les rangs de la majorité au pouvoir.

A six mois des élections de décembre 2018, la RDC est entrée dans un cycle infernal où tout peut arriver. Dans tous les sens. Loin des terres congolaises, la pression s’accentue au jour le jour. Avec l’Union africaine, toute la communauté internationale s’active pour sortir la RDC de la crise où elle s’est embourbée. Des acteurs majeurs de la région de l’Afrique centrale, tels que le président Joao Lourenco de l’Angola, Paul Kagame du Rwanda et Denis Sassou Nguesso du Congo/Brazzaville sont associés à un vaste plan de sauvetage de la RDC qui se met en place entre Paris – Bruxelles – New-York et Washington.

C’est dire que jusqu’en décembre 2018, tout peut arriver. Pour l’instant, on est encore loin du compte à rebours. Sans doute, dans les prochains jours, les choses pourraient-elles s’accélérer dans un sens comme dans l’autre.

Auteur de l’article : ntambwe