Stabilité de la RDC : après Paris, João Lourenço et Paul Kagame à Bruxelles

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La stabilité de la RDC, qui embarrasse toute la région de l’Afrique centrale, est à l’ordre du jour des échanges qu’auront à Bruxelles le président João Lourenço de l’Angola et Paul Kagame du Rwanda.

Les deux présidents Joao Lourenço (à gauche) et celui du Rwanda Paul Kagame (à droite)

Écrit par Le Potentiel

Après s’être succédé à Paris, les présidents angolais João Lourenço et rwandais Paul Kagame vont de nouveau se croiser à Bruxelles cette semaine, confirme RFI. Selon Angop, agence de presse officielle de l’Angola, c’est le dimanche que le président angolais a foulé le sol belge. Au centre de la visite en Belgique, la deuxième étape d’une tournée européenne, est le renforcement des liens de coopération entre les deux États, indique Angop.

En même temps, des sources concordantes confirment l’arrivée, hier lundi, dans la capitale belge de son homologue rwandais, Paul Kagame.

Les deux visites d’Etat n’ont rien à voir l’une avec l’autre, même si les rencontres bilatérales avec les Belges vont sans aucun doute donner lieu à de nouvelles discussions sur la crise en RDC. L’AFP n’y trouve qu’une simple coïncidence. Mais, en RDC où on suit de très près les mouvements de ces deux chefs d’Etat depuis leur dernier passage à Paris, on est convaincu que la stabilité de la RDC sera une fois de plus au centre des entretiens qu’ils prévoient d’avoir dans la capitale belge.

À Bruxelles, les deux chefs d’Etat vont ainsi être reçus par les officiels belges, dont le roi de Belgique et le Premier ministre, avant de s’entretenir avec le staff de l’Union européenne.

De Luanda, l’ambassadeur d’Angola à Bruxelles a tenté de lever toute équivoque, rappelant que la priorité de cette première visite d’Etat de son président, ce sont les investissements avec des échanges avec un groupe de 60 entrepreneurs belges et une visite à Anvers, le centre mondial de négoce des diamants.

De son côté, Paul Kagame, invité à Bruxelles pour participer aux Journées européennes de développement, sera lui aussi reçu par le monarque belge. Pas évident que le président rwandais ne manque pas une occasion d’évoquer la situation de crise de la RDC avec ses intérêts belges et européens.

La RDC devrait donc occuper une bonne partie des discussions. Le sujet est crucial pour les deux voisins directs de ce grand pays.

Stabilité en RDC : une priorité pour Luanda

Quoiqu’il en soit, à Luanda, son président ne lasse pas de rappeler que l’Angola continuera à faire tout son possible pour aider les autorités et le peuple congolais démocratique à vivre en harmonie, dans un environnement unique qui peut assurer le développement de la RDC, a déclaré le chef de l’État angolais, João Lourenço.

« La RDC a plus de 2500 kilomètres de frontière avec l’Angola. Seulement pour cette raison, il est dans l’intérêt de l’Angola qu’il y ait une stabilité dans ce pays voisin », a-t-il souligné lors d’une interview accordée à la chaîne de télévision Euronews.

Pour l’homme d’Etat angolais, pour différentes raisons, la RDC ne capitalise pas au maximum ses potentialités. En RDC, il existe un accord entre l’exécutif et l’opposition, dont l’Eglise catholique a l’intermédiaire, qui exige la tenue d’élections libres le 23 décembre et que l’actuel président de la République ne présente pas sa candidature.

Selon le président angolais, tout ce qu’on veut, c’est que cet accord soit respecté, car le non-respect du même peut conduire à des bouleversements politiques et sociaux sur le territoire de la RDC, qui ne sera pas agréable pour les Congolais et les pays voisins.

« Cette préoccupation ne concerne pas seulement l’Angola mais, en général, de tous les autres pays voisins. Nous sommes neuf, en tout, qui partageons des frontières avec la RDC, et nous suivons de près l’évolution de la situation », a-t-il précisé.

Interrogé sur ce qu’il faut faire, si cet accord échoue, le président a déclaré : « nous sommes neuf pays autour (de la RDC), ce n’est pas seulement l’Angola qui souffrirait. C’est ce que nous voulons éviter, donc il vaut toujours mieux prévenir que guérir et nous travaillons dans ce sens, nous parlons régulièrement, avec une certaine régularité, au président Joseph Kabila ».

« Nous sommes disponibles pour continuer à le conseiller, c’est tout, ce ne sont que des conseils, et il est libre d’accepter ou de refuser nos conseils », a déclaré l’homme d’État angolais, ajoutant : « si nous disons que nous voulons la stabilité, alors tout ce que nous ferons sera dans l’intérêt de la stabilité, pour tous ».

L’UE également saisie

Hier lundi, le président angolais a échangé avec le haut représentant de la politique extérieure de l’Union, Federica Mogherini. Selon le communiqué livré à cet effet, la réunion a été l’occasion de discuter des relations UE-Angola et de l’importante coopération dans certains domaines tels que la sécurité maritime et la lutte contre la piraterie dans le golfe de Guinée.

Les deux parties ont également discuté de la situation régionale, notamment en Angola, en tant que président actuel de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) sur la politique, la défense et la sécurité. Ils ont échangé leurs points de vue sur la situation en RDC et en République centrafricaine. Federica Mogherini a souligné la nécessité de continuer à coordonner étroitement avec l’Angola, la SADC ainsi que la région et de soutenir le travail de l’Union africaine afin d’encourager la stabilité et la paix dans la région.

Auteur de l’article : ntambwe