Résolution 2409 de l’ONU : deux les priorités stratégiques de la Monusco

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Les deux principales priorités de la Mission des Nations Unies en RDC demeurent : « la protection des civils et l’appui à la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016 et au processus électoral ».

Stanislas Ntambwe

La Section des affaires civiles de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation de la République démocratique du Congo (Monusco) a organisé, le jeudi 07 juin 2018 à Kinshasa, une journée de sensibilisation à la Résolution 2409 du Conseil de sécurité de l’Onu et les priorités stratégiques du mandat de la Monusco à l’intention des Organisations de la société civile (OSC).

Plusieurs thèmes ont été développés pour permettre aux acteurs de la société civile de bien cerner l’esprit et la lettre de la dernière Résolution 2409 de l’Onu sur la RDC.

Le Directeur de la Division des Affaires politiques de la Monusco, Moudjib Djinadou a dans son exposé, passé en revue des messages clés de la Résolution 2409. Il s’agit entre autres, de la protection des civils, de l’appui technique et politique en rapport avec la mise en œuvre de l’Accord dit de la Saint Silvestre et au processus électoral par les bons offices et l’engagement d’un dialogue avec les interlocuteurs de tous bords politiques (Majorité, Opposition et Société civile).

Respect coercitif de l’accord

Il sied de rappeler que la Résolution 2409 appelle toutes les parties congolaises, y compris le Président de la République Joseph Kabila, à mettre en œuvre cet accord. Elle appelle aussi à la mise en œuvre des mesures de décrispation prévues, comme la libération des prisonniers politiques et l’abandon des poursuites injustifiées contre certains acteurs politiques. Le Conseil demande aussi à la Monusco de travailler de concert avec le Gouvernement congolais pour constater les menaces et appliquer les mesures de prévention. Ainsi, appelle-t-elle les autorités congolaises à respecter les droits de l’homme et les libertés fondamentales. Enfin, la Résolution met l’accent sur la protection des agents et des installations des Nations Unies.

Le Directeur de la Division électorale de la Monusco, Kacou Assoukpe a, pour sa part, persuadé l’auditoire de par ses explications en abordant le thème « Processus électoral : les axes prioritaires d’appui logistique et technique de la Monusco ». Avec un art oratoire d’un fin pédagogue, l’expert onusien a eu des mots justes pour expliquer avec éloquence le mandat, l’exécution du mandat et les défis du processus électoral.

Kacou Assoukpe a relevé un extrait de la Résolution 2277 du 30 mars 2016. En luminaire, la Résolution appelait la Monusco à fournir une assistance technique et un soutien logistique pour la révision du fichier électoral. C’est ce qu’elle a fait jusqu’à ce jour. Il a par ailleurs relevé quelques défis majeurs auxquels les partenaires aux processus électoral font face. Il s’agit entre autres ; des défis politiques ; sécuritaires ; logistique et opérationnel ; financiers ainsi que les défis liés à l’acceptation des résultats des scrutins.

« Déficit » dans la mise en œuvre des mesures de décrispation

Le Directeur de la Division électorale de la Monusco a également souligné que le processus électoral est évolutif. D’où, la nécessité d’améliorer et corriger les failles et erreurs constatées tout au long du processus. Toutefois, il a pris soin de faire remarquer qu’il n’y a jamais de fichier électoral parfait dans le monde. Ainsi, a-t-il invité ses interlocuteurs à développer un comportement électoral.

De son côté, le Directeur du Bureau conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH), Abdoul Aziz Thioye a rappelé les différentes activités entreprises par son Bureau. Il a cité notamment, le monitoring des droits de l’homme ; la protection des civils ; l’appui à la justice ; le soutien aux victimes ; la coopération technique…

Abdoul Aziz a noté avec satisfaction des progrès réalisés par la RDC dans la lutte contre les violences sexuelles avec l’institution de la politique « Tolérance zéro » qui a présidé à la nomination de la Conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de lutte contre violences sexuelles et recrutement des enfants, en la personne de Jeanine Mabunda. Cette politique de « Tolérance zéro » a permis l’élaboration d’un plan d’actions avec un acte d’engagement par les Forces armées congolaises, à ne pas couvrir leurs subordonnés accusés de violences sexuelles.

En outre, le Directeur du BCNUDH en RDC note un « déficit » dans la mise en œuvre des mesures de décrispation. Ce déficit, selon Abdoul Aziz, « génère un manque de confiance entre les acteurs politiques, alors que son Bureau s’est engagé dans le processus de libération des prisonniers politiques.

La Résolution 2409 a été adoptée le 27 mars 2018, par le Conseil de sécurité des Nations Unies. D’après cette Résolution, les deux principales priorités de la Monusco demeurent la protection des civils et l’appui à la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016 et au processus électoral.

 

Auteur de l’article : ntambwe