Nord-Kivu : l’ONG CRDH s’inquiète de l’insécurité grandissante à Beni

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Les voix s’élèvent pour dénoncer la dégradation de la situation sécuritaire dans le Nord-Kivu et, plus particulièrement, dans les territoires de Beni et Rutshuru. Le dernier cri d’alarme en date est celui de l’ONG « Convention pour le respect des droits humains (CRDH) » qui exprime ses inquiétudes quant à cette situation.

Manifestation à la suite du massacre des civils à Mbau, à 30 Km de Beni (Nord-Kivu

S. Ntambwe et E.Kimalinyota/stagiaire (Bel Campus)

Dans un rapport publié le samedi 9 juin 2018 à Beni, le coordonnateur national de la CRDH, Maître Jean-Paul Paluku Ngahangondi s’est dit « inquiet » de constater la dégradation sérieuse de la situation sécuritaire dans la zone de Beni.

Dans son rapport, Jean-Paul Paluku note que, depuis le début de cette année, cette partie de la RDC est confrontée à plusieurs attaques et embuscades des groupes armées contre les populations civiles. « Les viols ; vols en mains armées ; assassinats et les pillages dont les auteurs seraient des bandits non autrement identifiés », a-t-il souligné. Mais aussi, ajoute-t-il, « les groupes armées et même les éléments des forces armées congolaises qui sont déployés dans la zone », se livrent également à ces actes de vandalisme.

Au moins 102 civils ayant été tués en 5 mois

La CRDH a répertorié du 12 janvier au 7 juin 2018, « 29 attaques » ayant eu lieu dans plusieurs agglomérations notamment, sur les axes routiers Beni-Oicha, Beni-Kasindi, Oicha-Eringeti et Eringeti-Kainama. La CRDH rapporte au moins « 102 personnes civiles ayant été tuées par les ADF ; 30 civils portés disparus et 46 blessés ». D’aucuns considèrent que ce bilan humain est tellement lourd surtout pour une zone sous contrôle de l’armée régulière et de la Force Onusienne qui ont des moyens importants pour garantir la sécurité de la population.

Il sied de rappeler que depuis plus plusieurs années, la ville de Beni et ses environs sont le théâtre de violences de tout genre. On assiste au quotidien à des tueries anonymes, kidnaping et autres arrestations arbitraires. L’on se rappelle de Danny Kashama, cet activiste à la tête d’un mouvement pro-démocratie disparu au mois d’aout 2017 à Kabasha, dans le territoire de Beni après son interpellation par des hommes armés qui se sont présentés comme des agents de l’Agence nationale de renseignements (ANR) et qui l’ont amené à une destination inconnue.

Danny Kashama était engagé dans le rétablissement de la paix à Beni, par ses contacts avec les différentes milices armées qui sèment la terreur dans cette zone. Il militait afin d’obtenir, pour les milices locales, l’adhésion au processus électoral en cours et une intégration aux institutions provinciales dans le but d’obtenir d’eux le renoncement à la lutte armée et le rétablissement de la paix à Beni. Mais à ce jour, les camarades de Danny Kashama et sa famille biologique n’ont pas de ses nouvelles et s’inquiètent pour sa vie.

Par ailleurs, la CRDH appelle les Forces armées de la RDC (FARDC) et la Force de la Monusco de doubler leurs efforts pour sécuriser la population et imposer la paix et la sécurité dans la région de Beni. Elle demande également à la population de continuer à dénoncer les mouvements suspects et tous les semeurs des troubles pour permettre aux instruments de la défense et de l’ordre de mener des actions anticipées de protection.

Auteur de l’article : ntambwe

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