Me Aimé Kilolo : « il est prématuré d’exclure J-P Bemba de la présidentielle »

Partager
  • 1
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
    1
    Partage

C’est en principe ce mercredi que le leader du Mouvement de libération du Congo (MLC) quitte les murs de la CPI. Après son acquittement dans l’affaire principale relative aux crimes de guerre commis en Centrafrique, ses chances de postuler à la présidentielle du 23 décembre 2018 reste encore intactes, estime Me Aimé Kilolo, avocat près la CPI.

Le sénateur congolais, Jean-Pierre Bemba à la CPI

Par Joyce Kalala

Dans le microcosme politique congolais, l’heure est aux calculs. À moins de six mois de la présidentielle du 23 décembre 2018, d’aucuns se posent la question quant à la candidature commune de l’Opposition à la magistrature suprême.  À cette question, des tractations tacites se déroulent, indiquent des sources proches des principaux partis politiques.

Qu’à cela ne tienne, l’acquittement du chairman du Mouvement de libération du Congo, Jean-Pierre Bemba, dans l’affaire principale sur des crimes de guerre et des crimes commis en Centrafrique, vient bousculer l’échiquier national quant à la course pour la magistrature suprême.

« À l’heure actuelle, il est prématuré d’exclure Jean-Pierre Bemba de la présidentielle du 23 décembre 2018 », a indiqué en substance maitre Aimé Kilolo, avocat près la Cour pénale internationale (CPI) à Top Congo.fm. Et d’ajouter : « …, pour le reste, il appartient à la Commission électorale nationale indépendante d’en décider lors du dépôt des candidatures ».

Il a tenu ces propos à l’issue de l’audience qui s’est tenue, le mardi 12 juin 2018, à la CPI, au cours de laquelle les juges ont rendu leur décision quant à la remise en liberté provisoire de Jean-Pierre Bemba.

Par ailleurs, M. Kilolo estime à près de 100 millions de dollars des dommages et intérêts que la Cour pénale internationale devrait verser à Jean-Pierre Bemba.

En outre, en cas de libération provisoire, le leader du MLC a choisi la Belgique comme pays d’accueil où il peut séjourner, en attendant la fixation dans la seconde affaire relative à la subornation des témoins. Dans tous les cas, « dans cette affaire, la crédibilité du bureau de la CPI est mis à rude épreuve à cause de certaines irrégularités enregistrées dans l’affaire principale, a ajouté M. Kilolo.

En outre, pour la deuxième affaire, Jean-Pierre Bemba risque jusqu’à cinq ans de prison, une peine qu’il a presque déjà entièrement purgée. «Nous n’ignorons pas que le verdict de vendredi a bouleversé certaines personnes, mais ce jugement est final et les critères pour son maintien en détention ne sont pas remplis», a estimé l’avocate de Jean-Pierre Bemba, se confiant à Radio France internationale.

Cependant, pour le bureau du procureur, les deux affaires sont distinctes, et la seconde a sa «propre gravité». L’accusation a appelé les juges à ne pas se laisser influencer par l’acquittement, précise la même source.

Par ailleurs, il faut souligner que les principales forces d’Opposition, à l’instar d’« Ensemble pour le changement » de Moïse Katumbi, l’Udps, l’UNC ou les autres, qui n’ont un autre discours que celui de la candidature unique de l’opposition à la présidentielle du 23 décembre 2018, souhaitent vivement la libération de Jean-Pierre Bemba qui, à coup sûr, devra ragaillardir l’Opposition et mettre la pression sur le régime en place.