Sud-Kivu : des notables plaident pour le rétablissement de l’autorité de l’État à Uvira

Partager
  • 8
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
    8
    Partages

Une vingtaine de morts de part et d’autre, des dizaines de villages incendiés, plusieurs blessés restés sans soins médicaux, l’unique centre de santé ayant été mis à feu. Tel est le bilan provisoire des violents affrontements déclenchés depuis plus d’une semaine dans les hauts plateaux de Bujimbo (territoire d’Uvira) au Sud-Kivu, entre des groupes armés locaux réfractaires au processus d’intégration et qui se réclament appartenir aux différentes communautés locales.

Carte du Sud-Kivu

Par Stanislas Ntambwe

Dans une déclaration commune parvenue au journal Le Potentiel, Gérard Masumbuko et Charles Mukiza, tous deux notables ressortissants du territoire d’Uvira (Sud-Kivu), redoutent l’embrasement de cette zone. Au nom des communautés concernées, ils dénoncent la prolifération d’armes grâce auxquelles ces protagonistes règlent leurs confits par la force. Les deux notables affirment que suite à l’absence de l’autorité de l’État dans cette région, ces groupes armés érigent des barrières, font prélever des taxes et se disputent les marchés sur des espaces qu’ils contrôlent.

D’autres sources concordantes révèlent que ces assaillants sont manipulés par des groupes armés burundais et rwandais opposés les uns aux autres. Selon ces sources, des groupes armés burundais hostiles au régime de Bujumbura sont alliés aux Maï-Maï qui combattent les miliciens du groupe Gumino alliés aux burundais proches du pouvoir et aux rebelles rwandais du général Kayumba Nyamwasa. Ils se battent sur le territoire congolais avec des armes lourdes, ce qui provoque le déplacement des milliers d’habitants vers Minenbwe, Mibunda et Mirimba en les territoires voisins de Fizi et de Mwenga.

Crainte d’un éventuel embrasement

Au regard de l’implication des groupes armés étrangers, Gérard Masumbuko et Charles Mukiza redoutent l’embrasement de la région si rien n’est fait par le gouvernement congolais. Ainsi, en vue de créer des conditions de paix pour les habitants des territoires sinistrés, ces notables des hauts plateaux d’Uvira plaident pour le déploiement urgent des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et des Casques bleus de la Monusco.

Par ailleurs, cela fait des années que les communautés du groupement de Bujimbo s’affrontent pour des causes aussi politiques, administratives qu’interethniques, sans jamais trouver de solution.

Certaines sources renseignent que l’origine du problème est un conflit de pouvoir entre les communautés locales. Un problème d’administration du groupement qui se double d’une autre dimension, sociale et forcément ethnique.

En outre, les deux notables auteurs de la déclaration recommandent une assistance humanitaire d’urgence en vivres et non- vivres en faveur des déplacés de toutes les communautés en errance, en vue du rétablissement de l’autorité administrative. Gérard Masumbuko et Charles Mukiza exigent aussi la réhabilitation des infrastructures détruites pendant les affrontements. Il s’agit, entre autres, des centres de santé, des écoles, des maisons d’habitation et des églises.