La Société civile appelle la population à dénoncer les actes de torture

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« Le meilleur moyen de lutter contre la torture est de documenter et porter plainte pour aider la RDC à quitter ce stade où le pays se retrouve actuellement », selon Christopher Ngoy, le Coordonnateur de la Société civile du Congo.

Le Coordonnateur général de la Société civile du Congo, Christopher Ngoyi

 Stanislas Ntambwe

À l’occasion de la Journée internationale de soutien aux victimes de la torture, célébrée le 26 juin de chaque année, une journée de sensibilisation aux actes liés à la torture a été organisée, le mardi 26 juin 2018 à Kinshasa.

La journée a été animée par le Groupe culturel Misericordia qui, au-delà du ballet exhibé, a présenté une saynète qui mettait en exergue un groupe des militants d’un parti politique en liesse pour la libération de leur leader. La scène montre comment ces militants sont arrêtés brutalement et amenés à un Sous-commissariat de la Police où ils sont torturés pour dévoiler certaines informations.

Ensuite, s’en est suivi un rappel des normes internationales et autres lois nationales sur la torture. Le Coordonnateur de la Société civile du Congo, Christopher Ngoy, a partagé avec l’auditoire un témoignage touchant des tortures qu’il a personnellement vécues dans les locaux de l’Agence nationale des renseignements (ANR), après un énième enlèvement dont il a été l’objet en 2016.

« Ensemble : résistons à la torture »

Cette activité a été organisée dans le cadre du Programme « RESTORE » avec son slogan « Ensemble : résistons à la torture ». C’est une initiative des Ong de la société civile appuyées par RCN Justice & Démocratie et financée par l’Union européenne.

« Pour résister à la torture, il faut d’abord aimer les droits humains, en faire une passion et s’y préparer psychologiquement. Car, la torture peut venir à tout moment quand on fait ce travail », a dit Christopher Ngoy, qui estime que « face aux actes de tortures, il faut rester digne quelles que soient les circonstances ». Deuxièmement, poursuit-il, la résistance à la torture est un « acte collectif ». « Il faut porter plainte à chaque acte et rapporter l’incident au niveau des instances habilitées pour pouvoir les documenter et vous accompagner dans la procédure », a-t-il ajouté, faisant remarquer que « la philosophie qui est la nôtre est de faire du droit de l’homme une culture ».

Il a appelé la population à s’approprier les normes et lois sur la torture. « Si tous, nous comprenons la pertinence de défendre nos droits, tous les abus dont nous sommes victimes vont diminuer parce que la dynamique sera plus porteuse », a exhorté Christopher Ngoy.

En outre, il sied de reconnaitre que, le taux de prévalence de la torture en RDC est en baisse dans certains milieux. C’est ce qu’indiquent le monitoring et les différents rapports réalisés à des endroits où la sensibilisation a été faite à grande échelle et où des agents de l’État ont été formés.

Il faut aussi reconnaitre que plusieurs auteurs de torture ont fait l’objet des poursuites judiciaires ces dernières années. Sur ce point, bien d’agents de l’ordre ont été jugés et condamnés pour la commission des actes de torture.

La réparation pose problème

Malheureusement, s’indigne la société civile, il se pose encore un problème dans la réparation en faveur des victimes. « Lorsqu’on prononce une sentence assortie des réparations à l’endroit des victimes, l’État ne prend pas cela au sérieux pour dédommager les victimes », a regretté le Coordonnateur de la Société civile du Congo.

Par ailleurs, dans le cadre de la lutte contre la torture, certaines organisations de la société civile, à l’instar des œuvres sociales pour le développement (OSD), ont, entre autres missions, d’accompagner les victimes de torture en leur apportant une assistance juridique, médicale, psychologique et sociale. Le directeur exécutif de l’OSD, Dieudonné Kabasonga appelle la population à dénoncer les actes de torture dont elle est victime pour lui permettre de documenter et parvenir à porter plainte devant la Justice.

« La torture est inacceptable et injustifiée en toutes circonstances, même en période d’état d’urgence ou d’instabilité politique ou en temps de guerre. En ce jour, rendons également hommage à ceux qui sont solidaires des victimes et de leur famille, et réaffirmons notre volonté de mettre fin à cette pratique aussi abominable que vaine », a pour sa part, déclaré António Guterres, Secrétaire général de l’ONU à l’occasion de cette journée.