Dépôt des candidatures : l’Opposition multiplie les préalables

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Il n’y a pas encore d’engouement dans les bureaux de réception et de traitement de candidatures de la Commission électorale nationale indépendante. Si la majorité présidentielle s’est empressée, dès le premier jour à déposer ses listes des candidats aux provinciales, l’Opposition boude encore et fixe ses préalables. Il faut retirer la machine à voter qui est synonyme de tricherie. Il faut nettoyer le fichier électoral qui est corrompu. Ce sont autant des préalables que les partis d’Opposition fixent avant le dépôt de leurs candidatures.

Les leaders de l’Opposition politique congolaise à Bruxelles

Par Le Potentiel

L’incertitude plane toujours sur les élections prévues le 23 décembre 2018. La Commission électorale nationale indépendante (Céni) ne s’est jamais vraiment investie pour concilier les points de vue des différentes parties prenantes à ce processus électoral. Le plus grand péché de la Céni, c’est de ne pas être indépendante.

La Centrale électorale reste inféodée à la majorité au pouvoir qui dicte tout ce qu’elle doit faire. De la machine à voter à l’allongement des opérations du processus électoral, la Céni ne s’est jamais opposée au diktat de la MP. Pourtant, le pouvoir de Kinshasa est dans le schéma de torpiller le processus électoral afin de reléguer aux calendes grecques la tenue des élections et jauger le moment propice pour un troisième mandat du président de la République.

Il convient de le rappeler, Joseph Kabila a épuisé ses deux mandats constitutionnels depuis le 20 décembre 2016. Depuis, le régime se fourvoie à bloquer le processus électoral par toute sorte de subterfuges. Au point que bien que retardées depuis 2016, les élections restent incertaines cette année. La majorité au pouvoir et son bras séculier, la Céni, ne veulent pas réunir les conditions requises pour un processus électoral apaisé et surtout pour la tenue des élections crédibles, véritablement démocratiques et inclusives.

Pour preuve, la question de la décrispation politique n’a jamais été vidée. Le pouvoir fait tout pour garder encore des acteurs politiques en prisons en violations de l’accord du 31 décembre 2016 et des résolutions 2348 et 2409 du conseil de sécurité des nations Unies.

De même, des opposants comme Moïse Katumbi continuent à être maintenus en exil injustement. Aussi, les partis politiques ne peuvent pas circuler librement à travers les provinces et tenir des meetings politiques. Seuls les partis qui vouent allégeance au pouvoir en place ont la latitude de jouir de tous les droits politiques constitutionnels et même faire la campagne électorale en violation de la loi électorale.

 

La balle dans le camp de la Tripartite

À six mois de la tenue de ces scrutins, il apparait clairement que les conditions ne sont pas remplies pour des élections démocratiques et apaisées. Pire, la MP et sa Céni ont déjà préparé le terrain pour une vaste tricherie lors des votes.  C’est ce qui justifie la nonchalance des partis de l’Opposition à déposer des candidatures aux élections législatives provinciales.

De l’UDPS à Ensemble en passant par l’ECIDE, les acteurs de l’opposition interpellent la Céni et le gouvernement à lever d’abord les pesanteurs qui plombent le processus électoral.  En premier lieu, ces partis pointent la machine à voter. Cette technologie que la Céni ne maitrise aucunement, est au centre du plan machiavélique de biaiser les résultats des votes de décembre.

Pour Félix Tshisekedi,  plusieurs faits  sont susceptibles d’engendrer la crise électorale. Cependant, il pose 6 conditions avant de participer aux élections : 1. le remplacement immédiat de son délégué à la CENI; 2. la mise à l’écart de la machine à voter; 3. le nettoyage du fichier électoral pour y extirper tous les électeurs fictifs; 4. l’institution d’une commission d’enquête indépendante afin d’effectuer un contrôle sur la gestion des fonds mis à la disposition de la CENI; 5. le respect par la CENI des règles et procédures en matière de passation des marchés publics et de gestion des fonds public; 6. l’organisation d’un audit externe par la Cour des comptes sur la gestion des fonds alloués aux opérations électorales.

Après l’UDPS, c’est autour de la Dynamique de l’opposition de se prononcer sur le dépôt de ses listes à la députation provinciale. Via son compte Twitter, le coordonnateur de cette plateforme, Martin Fayulu,  affirme que son regroupement politique est prêt à déposer ses listes et va le faire mais comme pour le président national de l’Udps, M. Fayulu pose 2 préalables : 1. Extirper 9.6 millions des fictifs du fichier électoral ; 2. Election sans la machine à voter que le concerné qualifié de machine à voler.

Lors de son live sur twitter, le lundi 25 juin, Moïse Katumbi a réitéré son « non » catégorique sur l’utilisation cette année de la machine à voter. Tous ces partis politiques disent être prêts à déposer leurs listes, mais pas avant que la Céni et le gouvernement ne corrige ce qui doit l’être.

La balle est donc dans le camp de la tripartite CNSA-CENI-Gouvernement, convoquée le 2 juillet. La tripartite devra se pencher sur toutes ces questions qui fâchent. Connaissant le plan caché de la MP, il est peu sûr que la tripartite ait effectivement le pouvoir d’élaguer ces pesanteurs. Wait and see.