30 juin : la RDC se prépare à la fête nationale sur fond de crise politique

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Alors que le processus électoral rentre dans sa dernière ligne droite en vue des élections, le 23 décembre, les pesanteurs persistent et alimentent la crise politique. C’est dans ce contexte d’incertitude et de crise qu’est attendu le discours traditionnel du président de la République, le 30 juin.

Carte de la RDC

Par Le Potentiel

Un discours du chef de l’État est attendu, en principe, le 30 juin à l’occasion de la célébration du 58ème anniversaire de l’accession de la République démocratique du Congo à la souveraineté nationale et internationale. Mais depuis 2016, les discours du chef de l’État Joseph Kabila sont devenus, chaque fois improbables, à la veille de cette solennité. Ce qui fait qu’à ce jour, nul ne sait si le président de la République va s’adresser aux Congolais, comme de coutume, à chaque 30 juin. Qu’à cela ne tienne.

Le discours du président de la République est attendu ces jours-ci, si pas le 30 juin mais au moins pendant cette session extraordinaire du Parlement qui court jusqu’au 19 juillet, non seulement par la nation congolaise, mais aussi par la communauté internationale.

Joseph Kabila devra éclairer l’opinion nationale sur les bruits persistants autour de son 3ème mandat que sa famille politique réclame, à cor et à cri, en violation de la Constitution et de l’accord du 31 décembre 2016. Le chef de l’État doit aussi donner des assurances quant à la tenue effective des élections le 23 décembre et lever toutes les pesanteurs qui plombent le processus électoral notamment la question de la décrispation politique devant permettre un processus électoral inclusif, véritablement démocratique et crédible.

Joseph Kabila a épuisé son deuxième et dernier mandat le 20 décembre 2016. Mais depuis, les élections ne sont pas tenues. Ce qui alimente logiquement les suspicions sur le plan caché de la majorité au pouvoir de glisser encore, permettant ainsi à l’autorité morale de la MP de conserver le pouvoir indéfiniment. L’écrasante majorité des Congolais, les forces politiques et sociales du changement ainsi que la communauté internationale se disent déterminés à faire échec à cette forfaiture. On en est là.

C’est ce plan machiavélique contre la démocratie et la stabilité de la RDC qui place Kinshasa aujourd’hui dans le collimateur de l’ensemble de la communauté internationale. Le pouvoir congolais est indexé par toutes les nations civilisées. Même les pays de la sous-région de l’Afrique centrale n’approuvent les subterfuges des dirigeants congolais destinés à bloquer le processus électoral au risque d’imploser le pays. Un plan africain est en étude pour parvenir, en cas de non tenue des élections cette année, à un modus operandi qui permettrait la mise en œuvre d’un processus électoral inclusif et réellement démocratique.

Autant dire qu’à six mois de la tenue des élections, les conditions ne sont par encore remplies pour que ces scrutins se déroulent dans le calme et que les résultats soient acceptés par tous. Le processus électoral pêche par manque de transparence dans le financement du processus, manque de crédibilité du fichier électoral, inquiétudes autour de la machine à voter, application de l’accord de la Saint Sylvestre. Plus grave, la Commission électorale nationale indépendante n’inspire aucunement confiance notamment aux acteurs de l’Opposition.

La centrale électorale est visiblement sous le joug de la majorité présidentielle qui dicte tout au regard de ses intérêts partisans. Et ceci fausse tout. C’est dans ce contexte que les Congolais s’apprêtent à fêter le 58ème anniversaire de l’indépendance du pays.

Seul un discours clair et rassurant du chef de l’État peut décrisper la situation et ouvrir la voie à un processus électoral crédible et apaisé.