Scrutins sous tension

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La Commission électorale nationale indépendante (CENI) tient, coût que coût, à respecter son chronogramme avec la tenue, le 23 décembre, des élections combinées présidentielle,  législatives nationales et provinciales. Ce, en faisant fi de toutes les critiques que les parties prenantes portent contre ce processus électoral.

Début de vote le 28/11/2011 à Kinshasa, pour les élections de 2011 en RDC. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

Manque de transparence dans le financement du processus, manque de crédibilité du fichier électoral, inquiétudes autour de la machine à voter, application biaisée de l’accord de la Saint-Sylvestre, sont autant des charges portées contre la Céni qui, malgré ces critiques, continue à faire la sourde oreille en complicité avec la majorité au pouvoir.

Il apparait clairement que le processus électoral congolais est sous tension et se dirige droit vers le mur. Il est illusoire de penser que ces élections pourraient atteindre les fruits escomptés, à savoir le renouvellement sans heurts de la classe dirigeante,  alors qu’il n’y a pas au préalable de consensus entre les parties prenantes. Le manque d’engouement constaté depuis dimanche, date d’ouverture des bureaux d’enregistrement et de traitement des candidatures, est la preuve qu’il y a un ça ne va pas dans ce processus.

Il est impératif de corriger ce qui doit l’être avant qu’il ne soit trop tard. Sinon, c’est le chaos qui pointe à l’horizon. A cause des élections chaotiques de novembre 2011, la RDC a connu une crise politique qui a duré tout le quinquennat non sans oublier que ladite crise a donné prétexte même à la rébellion du M23. C’est tirant les leçons du fiasco des dernières élections chaotiques que les acteurs politiques, toutes tendances confondues, ont signé l’accord de la Saint-Sylvestre pour un processus électoral consensuel et donc pacifique dans le respect des lois de la République.

La Céni et la Majorité au pouvoir ont encore le temps de revenir à la raison et de s’inscrire sur le schéma tracé par l’accord du 31 décembre 2016 et qui a été validé par l’ensemble de la communauté internationale. C’est la seule manière de baisser la tension politique actuelle qui entoure les scrutins de décembre 2018. Personne ne gagnerait avec des élections où les parties prenantes se regardent en chiens de faïence.

Auteur de l’article : ntambwe