Du déjà entendu

Partager
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le suspense demeure entier. Le peuple congolais attendait un discours qui répondrait à ses attentes, mais le président de la République lui a répondu par un « certificat d’autosatisfaction ». L’adresse du Chef de l’État sur l’état de la nation, devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès, a plus suscité des inquiétudes qu’elle n’a apporté des réponses idoines.

Par Le Potentiel

À cinq mois des élections présidentielles, le peuple congolais attendait un signal fort de la part du chef de l’État. Il avait surtout besoin des réponses à toutes ses questions. Hélas ! À l’image de ses adresses précédentes, le président Kabila a tourné autour de ses réalisations depuis qu’il est aux affaires. Pourtant, le secrétaire général de l’ONU avait annoncé que le président Kabila apporterait de « grandes décisions » lors de son adresse. Que nenni. Ce discours porte des germes d’une crise politique qui risquera d’affecter tous les secteurs de la vie sociale des Congolais.

S’agissant de sa représentation pour un troisième mandat, le suspense demeure. Joseph Kabila ne s’est pas attardé sur la question. Il s’est contenté d’affirmer que « son engagement à respecter la Constitution restait non-équivoque ».

C’est donc clair : le président Kabila fait preuve d’une volonté manifeste de plonger la RDC dans le chaos. Il a tracé son chemin et fait son choix, celui de d’entretenir la confusion sur son avenir politique. C’est tout le contraire du président ivoirien, Alassane Ouatara, qui a annoncé ouvertement qu’il ne se représentera pas au prochain scrutin présidentiel. Qu’est-ce qui manquait au chef de l’État congolais de lui emboîter les pas ?

Au pouvoir depuis 2001, Joseph Kabila a bouclé ses deux mandats prévus par la Constitution le 20 décembre 2016. Une chose est sûre, il n’a plus le droit de déposer sa candidature à la présidentielle de décembre 2018. Le faire serait une violation flagrante de la Constitution.

En définitive, Joseph Kabila n’a rien dit concernant son avenir politique. Pourtant, il avait là l’opportunité de décrisper la situation politique. Hélas ! Le président a préféré rouler le peuple congolais avec un langage de bois et défier la communauté internationale avec un discours souverainiste.