Cache-cache

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Le chef de l’État, Joseph Kabila, est resté superbement muet, lors de son discours à la nation via le Parlement, le 19 juillet, sur les grandes questions de l’heure. Le président de la République a botté en touche là où les Congolais et la communauté internationale l’attendaient.

Les 24 pages de discours déclinées pendant 49 minutes au Congrès n’ont pas permis au chef de l’État de rassurer ni les partenaires extérieurs encore moins les Congolais sur le processus électoral qui risque de déboucher sur un chaos.

Mais, le président de la République n’a même pas levé un coin de voile sur son avenir politique, préférant entretenir le flou. Pourtant, hors mandat depuis le 20 décembre 2016, Joseph Kabila ne peut plus briguer un troisième mandat. Mais sa famille politique continue de battre campagne pour lui et croit, dur comme fer, qu’il peut toujours prétendre à un 3ème mandat.

Le problème, c’est que le chef de l’État laisse entretenir cette confusion, en ne disant mot par rapport à la campagne que lui fait sa famille politique pour son 3ème mandat. Des banderoles réclamant son troisième mandat fleurissent dans toutes les provinces. Bien plus, des cadres de la Majorité présidentielle ne cessent de ressasser que leur autorité morale sera en course en décembre 2018.

Le discours à la nation du 19 juillet était une occasion pour le chef de l’État de fixer les choses et de dire clairement ses intentions politiques. Hélas ! Le chef de l’État continue de se livrer au jeu de cache-cache. Même s’il a déclaré solennellement que les élections auront lieu le 23 décembre et qu’il respectera la Constitution, cela ne garantit pas que ces scrutins soient véritablement crédibles et surtout sans sa candidature.

Pour être crédibles, les prochaines élections doivent absolument être inclusives, démocratiques et transparentes. À ce jour, rien ne prouve que les élections de décembre pourront remplir ces conditions surtout si le président actuel est candidat et que des acteurs majeurs de l’Opposition sont tenus à l’écart.

Avec le jeu de cache-cache du chef de l’État, tout le monde est obligé d’attendre la fin de dépôt de candidatures, le 8 aout, pour savoir s’il a oui ou non renoncé à briguer un 3ème mandat, en violation de la Constitution. Un jeu malsain qui cristallise la crise politique et piège le processus électoral tout entier.