Le compte à rebours a commencé

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Dans les états-majors de différents partis et regroupements politiques, l’heure est au dernier réglage pour positionner les candidats qui ont la chance de convaincre l’électorat le 23 décembre prochain. Si le PPRD continue à croire à une probable candidature de Kabila, le traduire dans les faits n’est pas chose facile ; aussi n’exclut-on pas un plan B qui pourrait mettre en vedette un dauphin. Le compte à rebours court jusqu’au 8 août. Selon des sources sûres, le chef de l’Etat serait favorable à un candidat de l’Est.

Par Le Potentiel

A cinq mois du rendez-vous électoral du 23 décembre 2018, les partis et regroupements politiques affûtent leurs armes. On assiste déjà aux premières déclarations de part et d’autre.

Relaxé par la Cour pénale internationale (CPI), après 10 ans de détention, Jean-Pierre Bemba a d’ores et déjà annoncé ses couleurs. Il est prêt à se lancer dans la bataille pour la présidentielle. Au niveau d’Ensemble pour le changement, Moïse Katumbi, son président, n’a jamais renoncé à ses ambitions présidentielles, malgré toutes les restrictions judiciaires qui se dressent sur son chemin. Au siège de l’Udps à  Limete, Félix Tshisekedi est en pole position dans la course présidentielle. Il vient d’ailleurs de recevoir un soutien de son parti jumeau, l’Udps/Kibasa, qui l’a plébiscité comme son candidat président de la République pour le 23 décembre 2018.

Si ça bouge sérieusement dans l’opposition, c’est encore le calme absolu du côté de la majorité au pouvoir, qui opère désormais sous la bannière de Front commun pour le Congo (FCC). Le chef de l’Etat, son autorité morale, ne s’étant pas encore clairement prononcé sur son avenir politique, son entourage peine à dévoiler sa stratégie pour la présidentielle. Tout est donc suspendu au sort que Joseph Kabila se réservera à la clôture des Bureaux de réception et traitement ders candidatures, le 8 août 2018. Ceux-ci ont été ouverts depuis le 25 juillet 2018. Pour l’instant, le président Kabila n’a pas encore  contourné le sérieux obstacle qu’est l’article 220 de la Constitution. Son mandat étant arrivé à terme, son entourage cherche par quel bout – juridique ou politique, c’est selon – lui offrir un 3ème mandat. Mais, à première vue, l’exercice paraît très périlleux.

Tirs croisés

Depuis Bruxelles, Jean-Bemba, qui annone en même temps, son retour le 1er août en RDC, l’a rappelé dans des termes ne prêtant à aucune confusion. « Ça sera un désastre pour le pays si le président Kabila se présentait à l’élection présidentielle car la Constitution et l’Accord de la Saint Sylvestre le lui interdisent », a-t-il lancé.

Quoi qu’il en soit, le PPRD continue à y croire. Depuis Dar-Es-Salaam (Tanzanie) où il venait d’assister à une conférence parrainée par le Parti communiste chinois (PCC), Ferdinand Kambere, secrétaire permanent adjoint du parti présidentiel, est convaincu que le président Kabila a la voie libre pour prétendre à un 3ème mandat.

A Kinshasa, Dunia Kilanga, président du groupe parlementaire PPRD à l’Assemblée provinciale de Kinshasa, ne décolère pas. « Pour nous, Kabila n’est pas dans un empêchement électoral. Si on avait maintenu les élections à deux tours en 2006 et en 2011, il aurait fait deux mandats mais Kabila a fait un seul mandat à un seul tour. Donc en droit, il va briguer et je promets que nous allons déposer en bonne et due forme la candidature de Joseph Kabila. Pour nous  au PPRD, nous ne voyons pas ce qui pourrait nous empêcher à moins que ça soit le chef de l’État lui-même qui puisse dire bon je préfère que je ne sois pas candidat, mais sinon logiquement parlant, c’est au mois d’août que nous allons déposer la candidature du président Kabila », a indiqué ce cadre du PPRD.

Toutefois, dans le cercle restreint de Joseph Kabila, on travaille ardemment sur un plan B. Il s’agit de trouver, avant le 8 août 2018, un dauphin qui pourrait porter les couleurs de la famille politique du chef de l’Etat aux scrutins de cette fin d’année. Depuis lors, des noms circulent déjà mais, personne n’ose lancer le débat à haute voix, tant que le chef de l’Etat ne s’est pas encore clairement prononcé sur le sujet. Ils sont de moins en moins nombreux dans l’entourage de croire à une telle éventualité d’un troisième mandat de Joseph Kabila, compte tenu de la forte pression exercée aussi bien en interne qu’à l’extérieur.

C’est dire que, dans la majorité au pouvoir, le sujet du dauphin pour la présidentielle de décembre 2018 n’a jamais été classé. Bien au contraire, il est revenu au devant de l’actualité en cette période d’enregistrement des candidatures à la présidentielle et aux législatives nationales. Et de plus en plus, des bruits de couloirs commencent à livrer leur secret.

Des sources bien introduites dans le cercle du pouvoir rapportent que le président Kabila n’exclut plus l’hypothèse de ne pas se représenter. Il est arrivé à l’évidence qu’aucun de tous les schémas tentés jusqu’alors par ses principaux lieutenants n’est parvenu à faire sauter le verrou de l’article 220. Même s’il n’a pas ouvertement abordé le sujet lors de sa dernière adresse devant le Parlement réuni en congrès, le président Kabila s’attarde ces derniers jours au dernier arbitrage autour d’un dauphin. Le choix se passe entre l’Ouest et l’Est.

Les mêmes sources précisent que le chef de l’Etat manifeste un penchant pour un candidat issu de l’Est du pays. Ce choix est motivé, indique-t-on, par le poids électoral des provinces de l’Etat, soit près de 50% de l’électorat de toute la République. Dans l’entourage du chef de l’Etat, on part de l’hypothèse selon laquelle conquérir les 11 provinces de l’Etat, c’est déjà s’assurer la victoire à la présidentielle à un seul tour du 23 décembre 2018. Quoi de plus normal, donc, que le président Kabila, piocher dans cette partie de la République pour trouver son successeur.

Kabila à l’Est, l’opposition à l’Ouest

Convaincu d’écarter définitivement Moïse Katumbi de la course présidentielle, l’entourage du chef de l’Etat pense que le dauphin aura devant lui un grand boulevard pour rafler toutes les voix disponibles. Dans la short list du chef de l’Etat, deux noms sortent du lot. Il y a d’un côté, Néhémie Mwilanya, son actuel directeur de cabinet, originaire du Sud-Kivu, et de l’autre, Matata Ponyo Mapon, ancien Premier ministre, originaire du Maniema.

Longtemps pressenti comme probable dauphin, Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale, originaire de la province du Kwilu dans l’Ouest, ne part pas avec les favoris des pronostics. Bien au contraire, l’entourage pense travailler plutôt à la corde de l’opposition pour multiplier des candidatures. Objectif : empêcher celle-ci de parvenir à une candidature unique. Laquelle toutes les chances de la majorité au pouvoir aux prochains scrutins.

Selon les premières annonces, tous les présidentiables – en tout cas ceux qui se sont déjà prononcés – viennent de l’Ouest. C’est le cas de Jean-Pierre Bemba, Félix Tshisekedi et Adolphe Muzito, sans compter Martin Fayulu ou encore Noël Tshiani. Un atout que le président Kabila pense mettre à son profit pour garantir la victoire haut la main à son dauphin.

Dans ces conditions, la balle revient donc à l’opposition qui doit s’organiser le plus rapidement possible pour ne pas jouer – sans le savoir peut-être – le jeu de la majorité au pouvoir. Diviser l’opposition pour l’éloigner davantage d’une candidature est le nouveau plan en œuvre dans l’entourage du chef de l’Etat. Le président Kabila se prépare. Il sait qu’il n’a plus que quelques jours pour se décider. Il a déjà son dauphin. Il viendra probablement de l’Est pour contrer le vent de l’opposition qui souffle à l’Ouest.

Auteur de l’article : ntambwe

1 commentaire sur “Le compte à rebours a commencé

    chak's rhamia

    (31 juillet 2018 - 21 h 29 min)

    Si l’opposition congolaise ne parvient pas à aligner un candidat unique, ce sera la preuve irréfutable de leur incompétence.
    attendons voir!

Commentaires fermés.