Présidentielle : Jour J-14 pour le dauphin de J. Kabila

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La majorité présidentielle a mené tout le monde en bateau depuis deux ans sur la candidature de celui qui doit prétendre à la succession de Joseph Kabila, président sortant. A deux semaines pratiquement de la fin de dépôt des candidatures pour la présidentielle, la famille politique du Chef de l’Etat n’a plus d’autre choix que révéler aux Congolais son candidat à la présidentielle de décembre 2018, en vue de l’alternance démocratique.

Par Le Potentiel

« Quelle que soit la durée de la nuit, le soleil finit toujours par se lever ». Plus que 14 jours pour connaitre le dauphin de Joseph Kabila avec le démarrage depuis hier du dépôt des candidatures à la présidentielle. Enfin ! Cette question a fait couler tant d’encre et de salive depuis 2016 sur la sphère politique congolaise sans que la majorité au pouvoir ne daigne lever l’équivoque. Bien au contraire, la famille politique du chef de l’Etat a entretenu le flou sur cette question jusqu’à ce jour.

« Il y aura passage civilisé de pouvoir ». « Le président de la République va respecter la constitution ». « La majorité présidentielle présentera son candidat au moment venu ». C’est avec ce genre d’arguments que le régime en place a meublé le temps depuis le début de cette crise politique née du refus de Kinshasa d’organiser les élections dans les délais constitutionnels en décembre 2016.

En effet, la question du candidat présidentiable de la MP est directement liée à la volonté du régime de se soumettre à l’alternance démocratique. Joseph Kabila a épuisé son deuxième et dernier mandat le 20 décembre 2016. Il ne peut plus briguer un troisième mandat, selon la constitution du 18 février 2006. Dès lors, l’autorité morale de la MP ne peut qu’ouvrir le jeu au sein de sa plateforme politique pour la désignation d’un candidat qui sera son dauphin à la présidentielle de cette fin d’année. Ce qui n’a jamais été fait jusqu’à ce jour.

Au point d’alimenter les suspicions sur le régime indexé comme celui qui ne voudrait pas de l’alternance démocratique. Ceci n’est pas totalement faut car c’est par des motifs fallacieux que les élections ont été retardées depuis 2016 jusqu’à ce jour. Et rien n’indique que ces élections se tiendront effectivement en décembre 2018. Les mêmes causes qui ont retardé ces élections hier peuvent pousser à ce qu’elles ne se tiennent pas conformément au calendrier de la Commission électorale nationale indépendante.

Y-a-t-il réellement  un dauphin à la MP ?

Il reste deux semaines à la famille politique du chef de l’Etat pour désigner un dauphin. Ce qui suscite beaucoup d’interrogations. Qui sera le dauphin de Joseph Kabila à la présidentielle ? Y-a-t-il réellement  un dauphin à l’autorité morale de la majorité présidentielle ? Joseph Kabila va-t-il se succéder à lui-même, sur base des pseudos théories de Cyrille Mirindi ?

La majorité présidentielle avait tout le temps de préparer son candidat présidentiable mais elle ne l’a pas fait simplement parce qu’elle était obsédée par des stratégies de tripatouillage du processus électoral en cours ou cherchait par tous les moyens la modification de la constitution pour un troisième mandat de son autorité morale. Elle devra désormais le faire impérativement à la hâte, avant le 8 aout, date de la fin de dépôt de candidature à la présidentielle et aux législatives nationales. Une autre question est « comment cela va se faire ? ». Jusque-là la MP qui s’est commuée au FCC (Front commun pour le Congo) n’a pas annoncé un Congrès politique en vue, encore moins un conclave pour désigner le dauphin à Joseph Kabila.  Qu’à cela ne tienne, il n’est pas exclu que ce dauphin soit désigné d’autorité par la haute hiérarchie du FCC.

Le suspense va donc demeurer jusqu’à la révélation de celui qui sera le dauphin. Les projecteurs seront braqués en permanence sur le FCC durant ces deux semaines. L’heure de vérité a sonné. Le président de la République a annoncé solennellement, lors de son discours à la nation du 19 juillet devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès, la tenue des élections comme prévu en décembre 2018. Il s’est même engagé à respecter la constitution de manière « non équivoque ».

Entretemps, les partis de la mouvance présidentielle ne jurent que par la candidature de Joseph Kabila Kabange en décembre. Voilà qui pousse tout le monde à la vigilance quant au candidat présidentiable qui sortira du FCC.