Rétablir la confiance

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Tel un arbitre d’une compétition, la Commission électorale nationale indépendante (Céni), pouvoir organisateur des élections en RDC, est appelée à gagner, à tout prix, la confiance de toutes les parties prenantes au processus qui va conduire à l’alternance à la tête de l’État en décembre prochain. Il s’agit d’un rôle délicat qui implique de la Centrale électorale, la crédibilité. Ce qui n’est pas le cas. À quatre mois seulement du rendez-vous électoral prévu en décembre 2018, rien ne rassure sur la tenue des élections transparentes. Et c’est la peur d’un possible tripatouillage du scrutin, comme ce fût le cas en 2011 où plusieurs dénonciations ont été faites sur les résultats électoraux jugés non crédibles et entachées de fraudes massives. Cette fois-ci, le décor est plus qu’inquiétant. Avec les machines à voter dont la fiabilité préoccupe aussi bien les parties prenantes au processus que des partenaires, le fichier électoral douteux parce que contenant près de 16 % d’électeurs sans empreintes digitales, le risque d’élections frauduleuses est énorme.

À ce stade, le pire peut-être évité. Un défi pour la Commission électorale nationale indépendante. Elle est appelée à rester la plus indépendante possible en vue d’améliorer sa crédibilité vis-à-vis de la population et de toutes les parties prenantes. La solution passerait notamment par une approche consensuelle sur ces questions majeures.

Ce qui implique notamment l’élimination du fichier électoral de tous les cas d’irrégularité décelés par l’audit conduit par l’Organisation internationale de la francophonie et l’abandon de l’usage de la machine à voter ou alors la Céni doit rassurer sur le rôle restreint de la machine à voter comme simple imprimante sans possibilité de recours à la transmission électronique des données vers le serveur central. Agir autrement, c’est renforcer le doute sur des élections et c’est donner l’image qu’elles sont taillées sur mesure. Et c’est finalement exposer le pays à une énième crise postélectorale.