Un aurevoir

Partager
  • 6
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
    6
    Partages

L’art de dire adieu appartient à l’art du bien vivre et du bien mourir. Comme pour dire, c’est celui qui sait partir qui est en mesure de dire ou de faire ses adieux… Est-ce le cas pour le président sortant de la RDC, Joseph Kabila ? À cette question, les propos du chef de l’État congolais à ses pairs africains, au cours des travaux du 38ème sommet de la SADC tenus en Namibie, traduisent, en réalité, un courage de vivre et de dévorer la douleur de la retraite. C’est pourquoi, ce n’est qu’un au revoir.

Par Le Potentiel

Oui, ce n’est qu’un au revoir parce que les vrais morts craignent les regards d’un public, de fois, indifférent. Il faut donc se contenter des mots trouvés par Joseph Kabila : « Depuis hier, je réfléchis sur un discours d’adieu… » Ça y est. Surtout qu’il y a peu, les flatteurs autour de lui scandaient « Wumela » (à traduire règne à jamais). Non, on ne règne jamais à jamais. Et il l’a compris finalement. En solitaire, il a réalisé que dans l’espace qui lie le ciel et la terre, se cache le plus grand des mystères. Celui du début et de la fin de toutes choses. Rien n’est éternel pour les humains, et même la passion la plus grande !

À l’évidence, derrière toute la suite des paroles de Joseph Kabila se cache un président sortant qui fait face à son destin. « À tous les anciens chefs d’État de la Sadc. Certains sont dans la salle. Merci de m’avoir partagé de votre expérience pendant 17 ans… À mes collègues merci de m’avoir aidé à rendre ma vie un peu facile. Ma préférence n’est pas de dire adieu mais à nous revoir bientôt. Je suis très ému. À notre organisation, notre famille je dis simplement soyez forts, n’oubliez jamais le passé de notre région ». Tout est dit.

Mais au-delà, une préoccupation demeure. Elle est simple mais pourtant fondamentale. Lorsqu’il sera debout laissant son fauteuil présidentiel à son successeur élu, aura-t-il hâte de partir avec fierté pour une nouvelle vie après ses 17 ans à la tête du pays ? À chacun sa réponse car les adieux sont plus émouvants dans l’appréciation du travail accompli…

Auteur de l’article : ntambwe