Disqualification de Katumbi, Bemba et Muzito à la présidentielle: Le FCC balise la victoire de son dauphin

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Lorsqu’il s’agit de consolider son emprise sur les institutions, la MP, sous sa nouvelle bannière de FCC, ne lésine pas sur les moyens. La nouvelle coalition recourt à tous les moyens pour le triomphe du dauphin désigné, Ramazani Shadary, en décembre prochain. Tous ceux qui peuvent gêner ce dernier sont éliminés progressivement. Après Moïse Katumbi, c’est encore sur l’appareil judiciaire que s’est appuyé le FCC pour obtenir l’éviction de Jean-Pierre Bemba et Adolphe Muzito de la course à la présidentielle. Du coup, la victoire du dauphin est presque assurée.Par Le Potentiel

Le 23 décembre prochain, date prévue pour la ténue de l’élection présidentielle, le président Joseph Kabila ne sera pas de la course. Depuis le 8 août 2018, il a levé le suspense en désignant son dauphin, en la personne d’Emmanuel Ramazani Shadary, actuel secrétaire permanent du PPRD, le parti présidentiel.

Si Kabila est officiellement hors course, son ombre sera néanmoins présente aussi bien avant qu’après les scrutins de décembre prochain, en vertu de son statut d’autorité morale de Front commun pour le Congo(FCC), cette plateforme électorale qui porte la candidature de Ramazani Shadary.

Autrement dit, « celui qui a vu Shadary a vu Kabila ». Les deux sont presque liés par un pacte que Ramazani Shadary s’est engagé à respecter tout en restant fidèle à l’autorité morale du FCC. Si bien que le président Kabila a mis à contribution son emprise sur les instituions publiques pour baliser la voie qui mène à la victoire de son dauphin.

Bien avant que Joseph Kabila ne s’écarte de la course présidentielle de décembre 2018, son entourage travaillait déjà sur les moyens de neutraliser tout ce qui pouvait gêner le plan de la Majorité de conserver le pouvoir. En disgrâce avec la Majorité au pouvoir, Moïse Katumbi aura été la première cible à abattre. Un dossier judiciaire monté de toutes pièces au tribunal de paix de Lubumbashi/Kamalondo a servi de déclic pour disqualifier l’actuel leader d’Ensemble pour le changement de la course présidentielle. Décidemment, Kinshasa a réussi son coup. Tout compte fait, Moïse Katumbi n’a pas pu se présenter à la présidentielle – jugé persona non grata dans son pays.

L’on pensait que la désignation d’un dauphin pouvait tempérer les ardeurs de la Majorité au pouvoir. Que nenni ! Comme toujours, c’est vers l’appareil judiciaire que s’est encore tournée la Majorité au pouvoir pour mettre hors d’état de nuire tout candidat sérieux à la présidentielle.

Invalidés en première instance à la Céni, Jean-Pierre Bemba du MLC et Adolphe Muzito d’Unis pour la République viennent d’être définitivement écartés de la présidentielle sur décision de la Cour constitutionnelle, siégeant en matière de contentieux électoraux. Sans surprise, la Cour n’a pas dérogé à la règle en confirmant l’invalidation de ces deux poids lourds de l’Opposition. Ce n’est pas un fait du hasard, clame-t-on dans les milieux de l’Opposition. Nombre d’analystes pensent que les arrêts de la Cour constitutionnelle sont le fait d’un schéma tracé à l’avance au niveau de plus hautes instances de la Majorité au pouvoir.

Qu’est-ce à dire ?

Le plus évident est que le FCC est un fin calculateur. Toutes ces décisions – qui passent généralement par des instituions dûment mandatées-sont dictées par des motivations politiques bien réelles. En écartant Muzito pour un éventuel conflit d’intérêt avec son ancien parti, le Palu, la Majorité au pouvoir a l’ambition de récupérer à ses dépenses les voix du Palu. C’est fort probable que la Cour constitutionnelle valide la candidature d’Antoine Gizenga – quoi que recalée en première instance par la Céni. Gizenga validé contre Muzito écarté définitivement pourrait donc servir d’appât pour attirer davantage les électeurs du Palu vers le dauphin.

Quant à Samy Badibanga, également réhabilité par la Cour constitutionnelle, la Majorité au pouvoir qui craint que l’espace Kasaï n’échappe totalement à son contrôle. La MP/FCC compte se servir de l’ancien Premier ministre, transfuge de l’Udps, comme un fusible pour déstabiliser Félix Tshisekedi.

Que dire de Jean-Pierre Bemba ?

Katumbi n’ayant pas pu se présenter à la présidentielle, le président du MLC passe pour le redoutable challenger face au candidat du FCC. L’autorité morale du FCC n’a jamais oublié la grande confrontation électorale de 2006 et tout ce qui s’en était suivi. Bemba fait peur. Et si Joseph Kabila a eu du mal à s’en défaire en 2006, la MP ne donne pas beaucoup de chance à son dauphin face à de gros calibres de l’Opposition, tel Jean Pierre Bemba. Ecarter ce dernier avant le sprint électoral du 23 décembre 2018 était donc un nec plus ultra pour baliser la victoire du dauphin. Quoi de plus normal que la justice soit mise à contribution pour exclure de la course présidentielle le MLC Jean-Pierre Bemba et l’Urép Adolphe Muzito.

Comme de coutume, la MP a toujours disposé de plusieurs flèches à son arc. Depuis le premier glissement de 2016, elle a mis plusieurs fers au feu. En clair, Kinshasa ne minimise pas l’hypothèse d’un possible report de scrutins du 23 décembre 2018. Un rêve, mieux, une prière.

Tant que son autorité morale est assurée de conserver son fauteuil présidentiel, en vertu de l’article 70 de la Constitution, Kinshasa fera tout ce qui est à son pouvoir pour tripatouiller le jeu électoral. La Céni et la justice se tiendront prêtes pour régler le compte à tous ceux qui tenteront de se mettre en travers de leur route.

Auteur de l’article : ntambwe

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