Présidentielle en RDC: Bemba et Muzito écartés, Badibanga repêché

Partager
  •  
  •  
  •  
  • 1
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
    1
    Partage

La Cour constitutionnelle a mis à profit le week-end pour statuer sur les six cas d’invalidation de candidatures à la présidentielle soumis à son arbitrage en premier et dernier ressort. Lundi dans la soirée, elle a rendu ses premiers arrêts. Elle a validé la décision de la Céni excluant de la présidentielle Adolphe Muzito pour « conflit d’intérêt » avec le Palu. Le même sort a été réservé à Jean-Pierre Bemba, leader du MLC, pour subornation des témoins, assimilée par la Haute Cour pénale à la corruption. Par contre, Samy Badibanga et Marie-Josée Ifoku ont été repêchés.
Par Le Potentiel

Le combat juridique, dans le cadre des contentieux électoraux, livre ses premiers résultats. C’est au sujet de six dossiers des candidats présidents de la République invalidés provisoirement par la Commission électorale nationale indépendante (Céni) lors de la publication, le 24 août dernier, des listes provisoires des candidats présidents de la République et des candidats députés nationaux pour les élections combinées présidentielle, législatives nationales et provinciales du 23 décembre 2018.

La requête de l’ex-Premier ministre Samy Badibanga, au menu de la première audience, hier lundi 3 septembre, a été déclarée « recevable et fondée ». Et pourtant, la Céni l’avait écarté pour défaut de nationalité d’origine. Samy Badibanga qui a affirmé et prouvé qu’il bénéficie d’un arrêté ministériel signé par le ministre de la Justice dans lequel il a recouvert sa nationalité, a eu finalement raison contre l’avis de la Centrale électorale. Il est donc repêché pour la course vers le Palais de la nation.

La deuxième audience a concerné un autre ancien Premier ministre. Il s’agit d’Adolphe Muzito. L’héritier d’Antoine Gizenga ne pourra plus défendre son programme de redressement économique de la RDC. Il est définitivement écarté de la course présidentielle. La Cour constitutionnelle a établi, comme la Céni, le conflit d’intérêt entre lui et son ancien parti, le Palu.

L’unique candidature féminine à l’élection présidentielle est également repêchée. La Cour constitutionnelle a corrigé la décision de la Céni pour la candidate Marie-Josée Ifoku Mouta.

L’ancienne vice-gouverneur de la province de la Tshuapa revient dans la course. Son invalidation à la Céni a été motivée par le défaut de nationalité d’origine. Elle a prouvé le contraire.

S’agissant de l’audience inscrite dans la première Chambre sur la requête du candidat Innocent Mavungu Vemba, en prorogation de délai pour le dépôt des candidatures, la Cour constitutionnelle s’est déclarée « incompétente ».

Jean-Pierre Bemba ne passe pas

C’est en allant puiser à la fois dans le droit congolais que dans les traités internationaux dûment ratifiés par la RDC que la Cour constitutionnelle a confirmé l’inéligibilité de Jean-Pierre Bemba à la présidentielle de décembre 2018. Condamné de manière irrévocable, de l’avis de la Haute Cour, pour « subornation des témoins » à la Cour pénale internationale, le leader du MLC a été reconnu coupable de « corruption », une cause évidente d’inéligibilité, en vertu de l’article 10 de la loi électorale en vigueur

Preuve que Jean-Pierre Bemba fait réellement exception, le président du MLC a eu droit à un arrêt libellé en une dizaine de pages. En définitive, sa requête a été jugée « recevable mais non fondée ». Du coup, la décision de la Céni l’écartant de la course présidentielle du 23 décembre 2018 a été confirmée.

Les arrêts de la Cour constitutionnelle ne devant faire l’objet d’aucun recours, l’on voit mal comment la Cour pourrait rouvrir le dossier Bemba, si jamais le leader du MLC venait d’être relaxé par la CPI pour subornation des témoins, au terme de l’audience prévue le 17 septembre prochain à La Haye (Pays-Bas). Les dés sont jetés.

Auteur de l’article : ntambwe

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *