Le Palu de Gizenga : du paradis à l’enfer

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Triste fin de carrière pour celui que d’aucuns vénéraient comme un petit « dieu ». Le Patriarche Antoine Gizenga méritait mieux que ce scénario d’une disqualification humiliante à la présidentielle. Cette mort politique certaine sonnera le glas de la fin d’un mythe vivant.

Par Rich Ngapi

Le grand Palu, fils ainé de l’opposition congolaise, est-il devenu ce dindon de la farce qui a été tourné en bourrique par un allié, la MP, après s’être servi de lui en 2006 et 2011 comme marchepieds afin d’asseoir son pouvoir ? À l’affirmative, on dirait que le Palu a été roulé par la Majorité présidentielle ; à la négative, on remarquera que le parti de Gizenga paye les frais de ses guerres intestines.

Conséquence : Gizenga et Muzito éliminés de la course, le Palu n’alignera aucun candidat à la présidentielle du 23 décembre 2018, laissant ainsi l’électorat comme des brebis sans berger. Quel gâchis !

Qu’à cela ne tienne, nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes. Si le Patriarche Antoine Gizenga avait pris soin de céder à temps la direction du Palu (Parti lumumbiste unifié), il serait plus facile d’identifier l’auteur du présent quiproquo, ainsi que de ce fiasco électoral éventuel pour le Palu.

Entre temps, le « Vieux » est là et maintient encore sa signature malgré les plus de 90 ans qui pèsent sur ses épaules.
Seulement, il parait que son authenticité pose problème. Suspensions « injustes » par-ci, participation autorisée ou « tolérée » aux regroupements politiques n’ayant rien de commun avec le Palu par-là; conflit d’intérêt à gauche, défaut de signature à droite; cerise sur le gâteau: une communication de la hiérarchie contredite de manière flagrante par celle de la Céni sur les motifs d’invalidation de la candidature d’Antoine Gizenga.

Vu son âge et toute la déférence qui va avec, tout le monde évite de lui tirer des flèches. À juste titre. Alors, chacun se trouve une cible à sa taille, à son goût et, finalement, ça ressemble à un jeu de règlement de compte. Gizenga est-il mal entouré ? Sinon, qui en veut réellement au Patriarche et au Palu ?

En vérité, avancer dans cette politique de l’autruche ne fera qu’empirer la crise.

Savoir partir à temps

Il est important que le Vieux Antoine Gizenga cède ce pouvoir de signature et prenne son repos ; le repos bien mérité d’un vaillant combattant du peuple. En effet, faudra-t-il rappeler que même Dieu le Père, dans sa toute puissance, « se reposa » le septième jour et délégua aux faibles humains le pouvoir de continuer son œuvre créatrice. D’ou vient que des hommes veuillent diriger jusqu’a fatiguer et ne céder le pouvoir qu’a titre posthume ?

Antoine Gizenga au repos, cela permettra deux choses :

1. Qu’il se rende compte de son vivant s’il a su bâtir un parti politique où les militants sont regroupés autour d’une idéologie, (ça sera un succès) ou plutôt, il n’a fondé qu’une secte où tout le monde se regroupe autour d’un personnage mystico-religieux, un messie, (ce qui est un échec);

2. Qu’il y ait au moins quelqu’un connu qui signe, assume sa signature et la justifie auprès de la base par une communication claire.

Et donc, quelqu’un à qui la base peut poser toutes les questions et exiger toutes les explications sans avoir ce fameux scrupule d’écorcher un mythe.

Pour l’instant, cette rhétorique polie du genre « Laisser le patriarche en dehors de ça ! », « ça ne vient pas du patriarche ! », « Patriarche ya batu te, c’est X », alors que les documents sont signés Antoine Gizenga. Cette rhétorique, disions-nous est bien polie. Mais, elle ne résout rien.

« Honor onus est ». Le patriarche est le chef, c’est lui qui signe et donc c’est à lui qu’incombe cette gestion quasi apocalyptique du Palu.

La meilleure façon de lui rendre service et de sauver le patrimoine commun qu’est le Palu, c’est de designer un nouveau commandant du parti dont l’âge et la personnalité seront en adéquation avec le choc et la critique auxquels doit être exposé tout dirigeant dans un espace à vocation démocratique ! Agir ainsi, ne serait pas une offense au Patriarche.

Fait privé soit-il, un parti politique affecte sinon la vie publique, du moins celle du public, alors, il faut qu’on soit moins complaisant. L’image actuelle du Palu ne correspond pas avec sa qualité de  » Parti- doyen »! Pour le devoir de vérité, le Palu mérite mieux.

Auteur de l’article : ntambwe

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