Kasaï-Central : l’Église catholique dénonce des attaques à répétition contre des couvents

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Quelques temps seulement après les tristes évènements des miliciens Kamwina-Nsapu, la population de Kananga, dans la province du Kasaï-Central, vit de nouveau dans la tourmente. À trois mois de la tenue d’élections générales, l’Archevêque métropolitain de Kananga dénonce la recrudescence des attaques d’inciviques à mains armées contre des couvents des consacrés.Par Joyce Kalala

À quelque trois mois de la tenue d’élections présidentielle, législatives et provinciales, prévues le 23 décembre 2018, par la Commission électorale nationale indépendante (Céni), à Kananga, chef-lieu de la province du Kasaï-Central, l’insécurité qui regagne du terrain, a plongé la population dans la psychose.

Dans un message adressé aux autorités locales, le jeudi 20 septembre dernier, l’archevêque métropolitain de Kananga, Mgr Marcel Madila Basanguke, a dénoncé une « peur bleue » qui règne dans cette partie du pays après notamment que plusieurs couvents des consacrés ont été attaqués et pillés de façon répétitives par des hommes armés, depuis le mois d’août.

« … Tout le mois d’août, et maintenant le mois de septembre, une peur bleue règne sur la ville de Kananga. Les familles sont visitées par des inciviques armés qui extorquent biens et argent. Pire encore, ce sont les couvents des consacrés qui sont à présent les plus visités par les inciviques », a indiqué l’archevêque Marcel Madila dans ce message aux autorités locales, rapporte le site d’information en ligne Actualite.cd.

Par ailleurs, relate le prélat catholique, « le dernier cas est celui du couvent des sœurs de la charité de Malole, qui ont été visitées par des hommes armés la nuit du mercredi 19 septembre dernier. Les assaillants armés d’armes à feu et de machette, ont emporté ordinateurs, vêtements des sœurs, téléphones, argent ».

Cependant, dans ce message du métropolitain de Kananga signé par son chancelier, l’Église appelle les autorités à repenser les cas des malfrats libérés.

«Pourquoi cet acharnement sur les consacrées ? », s’interroge l’archevêque. Ce, avant de « demander aux autorités de « repenser » les cas de tous les « malfrats libérés moyennant quelques sommes d’argent » et « sans suivi de ce qu’ils sont devenus après leur libération » », peut-on lire dans ce message.

En outre, l’Eglise déplore entre autres, le fait que l’action des forces de sécurité soit inefficace.

« Nos forces de l’ordre n’ont plus les moyens nécessaires pour leur action sur le terrain », affirme Mgr Madila, qui a également demandé au « peuple chrétien » et « aux gens de bonne volonté » de se désolidariser de ces inciviques en dénonçant leurs actions mauvaises.

Cependant, il sied de rappeler que le 14 septembre 2018, la même congrégation a été visitée par des inciviques à Kambote. Les hommes armés ont touché à l’intégrité physique des religieuses. « Ils ont giflé certaines et menacé de violer les plus jeunes », rapporte la même source.