Beni s’enflamme

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Le président de la République, Joseph Kabila, avait promis depuis son premier quinquennat en 2006 de restaurer la paix dans l’Est de la RDC. Douze ans après,  cette promesse est restée vaine.

La partie Est de la RDC et, particulièrement la province du Nord-Kivu, sont toujours de poudrière. Les rebelles tuent, violent et pillent les paisibles citoyens sous la barbe tant de forces armées de la République démocratique du Congo que de casques bleus de la Monusco.

La preuve ? Dans la nuit de samedi 22 à dimanche 23 septembre, de 18h00 à 00h00, des armes lourdes et légères ont crépité en pleine ville de Béni, dans la province du Nord-Kivu. Le bilan provisoire fait état de 14 civils et de 4 militaires tués à l’issue de ces affrontements qui ont duré plus de 6 heures, soit de 18h00 à 24h00, aux encablures du centre-ville de Beni.

C’est la première fois, depuis quatre ans, que la guerre arrive jusqu’au centre-ville de Béni. Pourtant, Béni est une des rares villes à être surmilitarisée depuis les derniers événements malheureux que la ville a connus.

Visiblement, le président de la République sortant n’a jamais tenu sa parole de restaurer la paix dans le Grand Kivu. Le sang des Congolais continue de couler alors que les thuriféraires du régime, eux, continuent à placarder des banderoles du chef de l’État dans les grandes villes, prétextant « Il a dit, il a fait », sic.

Justement, si les Congolais tiennent autant à l’alternance démocratique, c’est par ce que l’actuelle classe dirigeante a lamentablement échoué. L’insécurité beigne dans plusieurs provinces de la RDC y compris a Kinshasa. Ce qui piège dangereusement le pouvoir.

Ce regain d’insécurité en RDC, à trois mois de la tenue des élections du 23 décembre, vient davantage grossir le rang de ceux qui restent pessimistes quant à l’organisation des scrutins cette année qui soient inclusives, démocratiques et crédibles.

Il appartient donc au gouvernement de corriger le plus vite possible ces affres que connaît non seulement Béni, mais plusieurs contrées congolaises dans les deux Kivu, dans l’ex-province du Katanga et même dans les provinces du Nord-est de la RDC.

Il est impératif de limiter au maximum cette insécurité au risque de compromettre les élections.