Après la SADC, les adieux de Kabila à l’ONU

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Après la Sadc, en août dernier, c’est devant l’Assemblée générale des Nations unies, à New-York, que le président Joseph Kabila va faire ses adieux au monde, après 17 ans de règne en RDC. Souvent absent à ce rendez-vous annuel des Nations-Unies, Joseph Kabila a déjoué tous les pronostics en faisant le déplacement de New-York. Son intervention à la tribune des Nations-Unies, prévue ce mardi, fait l’objet des commentaires en sens divers. A la Sadc, Kabila avait évité les adieux, préférant plutôt un « au-revoir ». En sera-t-il encore le cas à l’ONU ? Suspense !

Par Le Potentiel

Le chef de l’Etat, Joseph Kabila, a fait le déplacement de New-York, aux Etats-Unis, où il assiste à la 73ème assemblée générale des Nations-Unies. Comme à la Sadc, en août dernier lors du sommet de Windhoek, en Namibie, Joseph Kabila pourrait éventuellement faire ses adieux au monde. L’on s’attend donc à un discours poignant d’un Joseph Kabila qui a pris tout le monde de court en désignant son dauphin quelques heures avant la clôture du dépôt des candidatures à la présidentielle.

Sur ce point précis, les spéculations vont dans tous les sens. D’ores et déjà l’on apprend que le président Kabila a fait le déplacement des Etats-Unis avec ses principaux lieutenants, dont l’incontournable vice-Premier ministre des Affaires étrangères, Léonard She Okitundu et les principaux du collège diplomatique de la présidence. Que dira alors Kabila ? Difficile à prédire pour l’instant. Souvent absent à ce genre de rendez-vous annuel de l’ONU, Joseph pourrait bien surprendre. Va-t-il rééditer son coup d’humour en Namibie, où il avait pris tous ses homologues de la SADC en leur disant « au-revoir » et non adieu? Aucune hypothèse n’est écartée.

Néanmoins, à Windhoek, le président Kabila a nettement entretenu le mystère autour de son avenir. Le plus évident est qu’il vit ses derniers instants aux commandes de la RDC, en attendant les élections du 23 décembre 2018. Mais, personne ne sait encore de quoi il pourrait être capable après avoir gouté au pouvoir pendant dix-sept ans.  Autorité morale de la nouvelle plateforme électorale de la majorité au pouvoir, en l’occurrence le Front commun pour le Congo, Joseph Kabila reste encore un mystère. Quoi qu’écarté de la course présidentielle de décembre prochain, son ombre continue toujours à hanter le processus électoral.

La surprise du chef

C’est donc un Joseph Kabila à la fois imprévisible qui se présente ce mardi à la tribune de l’ONU. Son discours est très attendu.

A la Sadc, le président Kabila ne s’est vraiment pas affiché en partant.  « Je suis censé faire un discours d’adieu. Pourquoi un discours d’adieu? Est-ce que vous allez me manquer ou je vais vous manquer »? s’était-il interrogé, devant ses pairs réunis dans la capitale namibienne. Il n’a pas manqué de lancer des piques à une organisation sous-régionale qui n’a pas été tendre avec lui.

« Aux anciens présidents de la SADC, merci pour avoir partagé votre sagesse avec moi au cours de ces 20 dernières années. Merci aux actuels chefs d’Etat qui m’ont aidé à me rendre la vie facile. Et à tous ceux qui l’ont compliqué un peu », avait-il lancé à bout portant.

La conclusion de son discours devant la Sadc avait ravivé le suspense : « See you very soon », traduit en français par « à nous revoir très bientôt ».

Hôte du sommet, quoi qu’embarrassé, le président namibien, Hage Geingob, avait vite réagi : « Notre frère Kabila a fait un court mais significatif discours d’adieu. Même si lui-même n’aime pas le mot adieu. Félicitations pour la décision de conduire ton peuple aux élections le 23 décembre prochain ».

Apporter des réponses qui rassurent

A l’ONU, le président va donc se plier au même exercice, comme il en a été le cas le 17 août 2018 à Windhoek devant la Sadc. Ce mardi à New-York, c’est juste le décor qui va changer. Devant le monde, réuni au sein des Nations-Unies, il va enfin dévoiler ses vraies intentions d’autant que, en RDC, le processus électoral emprunte sa dernière ligne droite.

Cependant, bien des zones d’ombres persistent dans la tenue d’élections véritablement libres, inclusives et apaisées. Raison, la Céni doit encore convaincre, notamment sur la fiabilité de la machine à voter et l’objectivité du fichier électoral.

Ce mardi, devant l’ONU, on attend donc le président Kabila envoie des réponses claires sur ses « signaux rouges » qui obstruent encore la voie qui mène à l’alternance démocratique.