Élections au forceps

Partager
  • 2
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
    2
    Partages

À moins de trois mois de la tenue d’élections, la machine à voter fait toujours objet des critiques de tous bords. Hier encore, face aux délégués des partis et regroupements politiques, les dirigeants de la Céni ont eu du mal à convaincre toutes les parties prenantes aux scrutins du 23 décembre quant à la fiabilité de cette technologie importée de la Corée du Sud.

Par Le Potentiel

De l’Opposition congolaise à la communauté internationale, en passant par les forces sociales du changement et l’église catholique, personne n’approuve l’usage de la machine à voter, du moins pour ce cycle électoral. La majorité des parties prenantes aux élections souhaite qu’un consensus soit d’abord dégagé autour de conditions d’utilisation de cette technologie. Surtout que la majeure partie de l’électorat congolais est analphabète.

Mais ce qui étonne, c’est l’obsession de la Centrale électorale à utiliser coûte que coûte la machine à voter cette année, malgré le nombre élevé de ceux qui n’en veulent pas. L’arrogance, le jusqu’auboutisme et le triomphalisme qui caractérisent les dirigeants de la Céni ne peut s’expliquer autrement que par un plan qui ressemble à une anguille sous roche. C’est à juste titre que tout le monde, sauf la Majorité au pouvoir, soupçonne la Centrale électorale de vouloir imposer la machine à voter afin d’offrir la victoire  sur un plateau d’or au candidat du régime.

Hélas ! La Céni fait fi de toutes les critiques et dénonciations qui mettent à nu les failles qui pourraient advenir de l’usage de la machine à voter, avec toutes les conséquences qui en découleront le jour du vote. C’est le cas d’ailleurs des études pointues menées dernièrement par des experts britanniques. Ces derniers ont apporté de l’eau au moulin des détracteurs de la machine à voter, en révélant qu’il y a des failles de sécurité et de fiabilité dans cette technologie que la Céni tient pour incontournable.

La Céni a tout intérêt de faire marche arrière si elle tient à sauver le processus et organiser des élections crédibles et acceptables par tous. S’obstiner à faire avaler au peuple congolais une technologie boudée d’avance, risque de faire capoter tout le processus électoral en cas de contestation des résultats de vote.