Ce samedi, un seul mot d’ordre au meeting de l’Opposition

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23 déc. : Pas de boycott !

Pas de machine à voter !

Au meeting de ce samedi 29 septembre 2018 à l’espace du Boulevard triomphal à Kinshasa, l’Opposition va crier haut et fort sa détermination d’aller aux élections cette année pour donner la chance à l’alternance démocratique. En même temps, les forces politiques et sociales acquises au changement vont réaffirmer le rejet de la machine à voter. En clair, l’Opposition n’entend pas tomber dans le piège du boycott des élections du 23 décembre, au risque d’en porter une quelconque responsabilité.

Par Le Potentiel

Réunies au sein de l’Opposition congolaise, les forces politiques et sociales acquises au changement tiennent un meeting commun ce samedi 29 septembre à l’espace du Boulevard triomphal dans la commune de Kasavubu.

L’Hôtel de ville de Kinshasa ayant préalablement pris « acte » de l’organisation de ce meeting politique, c’est une bonne chose et ceci garantit que la manifestation va se dérouler sans heurts ni autres répressions policières généralement déplorées lors des manifestations de l’Opposition.

Tous les partis et autres grandes plateformes politiques de l’Opposition sont attendus ce samedi matin à ce rassemblement. L’Ensemble pour le changement de Moïse Katumbi, l’UDPS de Félix Tshisekedi Tshilombo, le MLC de Jean-Pierre Bemba, l’UNC de Vital Kamerhe, la Dynamique de l’Opposition de Martin Fayulu et bien d’autres organisations politiques vont unir leur voix pour parler un même langage aux milliers de Kinois impatients d’assister à l’évènement. Il s’agira de fixer les Congolais, à travers les Kinois, sur les enjeux de l’heure en rapport principalement avec le processus électoral, le quel ne cesse d’être préoccupant.

Oui aux élections

À moins de trois mois de la tenue des élections de décembre, on constate que les parties prenantes ne s’accordent pas encore sur l’essentiel. Le pouvoir et la Céni tentent d’imposer unilatéralement leur point de vue. Après des mois de flottement et face au radicalisme de la Céni, l’Opposition va, enfin, donner sa position commune et claire sur les scrutins de cette année.

De sources généralement bien informées, Le Potentiel apprend que les forces politiques et sociales acquises au changement n’auront qu’un seul mot d’ordre à passer ce samedi aux Congolais, à savoir : l’opposition va bel et bien participer aux élections du 23 décembre. Il s’agit de donner la chance à l’alternance démocratique du sommet à la base.

Retardées depuis deux ans par des subterfuges de la majorité au pouvoir, les élections doivent impérativement avoir lieu cette année pour mettre fin à l’illégitimité des animateurs des institutions, en l’occurrence la présidence de la République, l’Assemblée nationale, le Sénat et les assemblées provinciales.

Ces élections, selon l’Opposition, sont donc une opportunité pour normaliser la vie des institutions de la République et ainsi mettre fin à la gestion hasardeuse de la res publica qui a plongé le pays dans des drames sécuritaires et humanitaires, allant jusqu’à placer le pays à la queue des nations les plus pauvres sur le plan mondial. Les élections se présentent comme une occasion de redécollage du géant Congo, grâce auquel toute l’Afrique pourra avancer considérablement. La RD Congo n’en est-elle pas la gâchette, selon Frantz Fanon ?

C’est pour toutes ces raisons, et bien d’autres encore, que l’Opposition compte dire clairement aux Congolais qu’elle ne s’inscrit pas dans le schéma du boycott des élections. Car, en effet, boycotter équivaudrait à tomber dans le piège du régime qui, on le sait bien, ne veut pas d’élections mais rêve de s’éterniser.  L’injonction faite à la Commission électorale nationale indépendante d’imposer sa machine à voter illustre la volonté du régime de créer la diversion, pour ensuite en tirer des dividendes politiques. Non, l’Opposition ne tombera pas dans le traquenard !

Le piège de la machine à voter

La machine à voter est justement le piège sur lequel le régime compte le plus pour torpiller le processus électoral et, par ricochet, retarder les élections ad aeternam. Au cours du meeting de samedi, l’Opposition va réaffirmer aussi son rejet de la machine à voter. Aucune loi de la République n’a prévu cette technologie comme mode de vote. Ni la Loi électorale, ni le calendrier électoral, aucun texte légal n’autorise la Céni à utiliser sa controversée machine à voter. Bref, ce gadget électronique la machine à voter n’est pas légal et ne fait pas l’unanimité.

Tout autant, sur le plan technique, cette machine à voter que la Céni appelle maintenant « imprimante » présente des faiblesses réelles. Elle n’est pas fiable en l’état où elle est selon les experts britanniques qui l’on étudiée de fond en comble. A ce jour, la Céni n’est pas en mesure de répondre aux quinze recommandations de l’ONG britannique pour fiabiliser la machine à voter.

Sur le plan politique, il n’y a pas de consensus entre les parties prenantes au processus électoral sur la machine à voter. L’Opposition voit en cet outil une tricherie planifiée du régime pour truquer les résultats de vote.

Il est clair que c’est un bras de fer qui est engagé entre la Centrale électorale et l’Opposition. Le président de la Céni a répété encore cette semaine aux acteurs politiques que les élections auront lieu le 23 décembre avec impérativement la machine à voter. L’opposition entend aller aux scrutins de décembre sans l’engin de la Céni.

Il reste au président de la République de prendre ses responsabilités en main après s’être engagé, devant la tribune des Nations unies, d’organiser les élections dans le délai fixé par la Céni. Le chef de l’État est dans le viseur de la communauté internationale qui ne toléra pas que les élections crédibles et inclusives ne soient pas organisées cette année après deux ans de retard. Le régime de Kinshasa devra donc mesurer sérieusement ses chances de survie en cas de non tenue d’élections crédibles devant favoriser une alternance pacifique en République démocratique du Congo.