Que dira-t-il ?

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A-t-il encore un discours à faire entendre aux Congolais ? Depuis qu’il a tracé son chemin, celui d’utiliser la machine à voter aux élections du 23 décembre prochain, le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) n’écoute plus personne. Curieusement, il va recevoir, ce jeudi, les 21 candidats présidents de la République.

Par Le Potentiel

En effet, tout ce que Corneille Nangaa va raconter est connu d’avance. Donc, les candidats qui se présenteront en face de lui- surtout ceux de l’Opposition – connaissent déjà la position de la Céni : des élections avec la machine à voter ou rien. Mais la Céni n’ignore pas non plus le radicalisme affiché des opposants qui rejettent de bout en bout cette nouvelle technologie importée de la Corée du Sud.

Difficile, dans ce contexte de méfiance et suspicion mutuelles, de convaincre ceux qui se présentent en face de soi avec des préjugés et clichés préétablis. C’est dire que la rencontre de ce jeudi entre la Céni et les candidats à la présidentielle est tout, sauf une manne bénie qui vienne assouvir les appétits des états-majors politiques. Au contraire, après chaque rencontre avec le président de la Céni, les acteurs politiques ressortent plus excités qu’ils ne l’aient été auparavant.

En un mot comme en mille, c’est une rencontre entre deux extrémistes qui se méfient et se regardent en chien de faïence. De telles assises, on s’en doute bien, risquent de ressembler à un dialogue de sourds. La machine à voter, la Céni y tient mordicus quoi qu’il en coûte. De leur côté, les candidats de l’Opposition la rejettent sans ambages. Samedi dernier, lors d’un meeting populaire organisé à Kinshasa, ils l’ont encore rappelé à qui voulait les entendre : élections, oui, mais pas avec la machine à voter.

Le président de la Centrale électorale est donc averti. Si c’est seulement pour vanter, comme il sait le faire, les prouesses de « sa » machine à voter, ça sera comme de l’eau versée sur les plumes d’un canard. Le discours étant du déjà entendu, il n’aidera pas arracher le consensus tant souhaité par les uns et les autres.